Élections communautaires 2026 : une Fransaskoisie qui s’engage et se renouvelle
L’Eau vive publie ici le communiqué de l’ACF émis le 17 septembre en réaction à un article publié dans le numéro du 17 septembre 2026 du journal
À la suite de la publication de l’article Élections communautaires : un manque de vitalité qui inquiète dans L’Eau vive, l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) souhaite apporter un éclairage complémentaire sur les élections générales 2026.
L’ACF reconnaît les défis soulevés par le faible nombre de courses électorales. Mais la vitalité démocratique de la Fransaskoisie ne peut se mesurer à ce seul indicateur. Ces élections témoignent aussi d’un renouvellement important de la représentation, de l’émergence de nouvelles voix, de la force d’engagements qui perdurent et d’une volonté affirmée de faire évoluer nos pratiques démocratiques.
Au-delà du nombre de courses électorales
Un seul district connaîtra un scrutin en 2026 et six districts n’avaient reçu aucune candidature à l’issue de la première période de mise en candidature. Ce constat est réel et devra nourrir la réflexion sur les moyens de susciter davantage de candidatures et de participation lors des prochains exercices électoraux.
Il ne raconte toutefois pas, à lui seul, toute l’histoire de ces élections. Les candidats élus ou réélus sans opposition ont également dû recueillir l’appui de membres admissibles de leur région pour déposer leur candidature, témoignant ainsi du soutien de personnes de leur communauté à leur volonté de les représenter. À l’issue de la période de prolongation, quatre candidatures supplémentaires ont par ailleurs été déposées, permettant à quatre régions supplémentaires d’être représentées à l’Assemblée des députés communautaires (ADC).
Une élection sans opposition ne signifie donc pas nécessairement une absence d’intérêt. Derrière le résultat officiel se trouvent parfois des appuis, des démarches et des échanges que les chiffres seuls ne racontent pas.
« Dans le district de La Vieille, deux personnes ont manifesté leur intérêt pendant la période de prolongation. L’une d’elles a finalement choisi de laisser la place à M. Pascal Kayishema. Le résultat officiel est une élection sans opposition, mais la réalité sur le terrain est plus nuancée : plusieurs personnes avaient envisagé de s’engager », affirme Mme Lucie Moreau, directrice générale des élections.
Et au-delà du nombre de candidatures, les élections de 2026 racontent aussi autre chose : celle d’une représentation communautaire qui se renouvelle, se diversifie et fait une place à de nouvelles voix.
Une ADC qui se renouvelle et qui ressemble à la Fransaskoisie
L’une des grandes forces de ces élections est aussi le renouvellement qu’elles apportent. Des élus de longue date passent le flambeau, tandis que de nouveaux et nouvelles députés choisissent de prendre leur place autour de la table.
Parmi ces nouvelles personnes élues figurent notamment des Fransaskois issus de l’immigration, qui choisissent aujourd’hui de s’investir dans la gouvernance de leur communauté. À l’image de M. Innocent Minega, nouvellement élu dans Meewasin-Saskatoon aux côtés d’une députée réélue et expérimentée, cette nouvelle ADC réunit de nouvelles perspectives, une diversité de parcours et l’expérience de celles et ceux qui connaissent déjà l’institution.
« Je suis fier d’avoir l’occasion de représenter les francophones de la région de Saskatoon et j’ai hâte de commencer ce mandat. Pouvoir débuter cette expérience aux côtés d’une députée qui connaît déjà très bien l’Assemblée et son fonctionnement est rassurant. J’espère apprendre de son expérience tout en apportant ma propre perspective », témoigne M. Innocent Minega, député communautaire de Meewasin-Saskatoon.
C’est une évolution dont l’ACF est fière. La Fransaskoisie d’aujourd’hui est riche de parcours, d’origines et d’expériences multiples. Voir cette diversité trouver sa place au sein de ses institutions est aussi un signe de leur vitalité.
L’ACF souhaite tout autant saluer les députés qui ont choisi de poursuivre leur engagement. Comme le souligne dans l’article M. Paul Hounjet, député réélu de Sauvé, l’engagement communautaire représente aujourd’hui un investissement de temps important dans des quotidiens déjà bien remplis. Choisir malgré cela de donner trois nouvelles années à sa communauté, de porter sa voix et de défendre ses réalités mérite d’être reconnu et valorisé.
La continuité pour faire avancer les dossiers
L’ACF tient également à souligner le quatrième mandat de M. Denis Simard à la présidence, qui permettra de poursuivre le travail engagé depuis 2018. Dans une organisation qui porte des dossiers nécessitant souvent plusieurs années d’efforts, cette continuité est précieuse. Elle permet de conserver l’expertise acquise, d’approfondir les liens forgés avec les gouvernements et les partenaires de la francophonie et de poursuivre des démarches de longue haleine, notamment en matière d’éducation en français, de défense des droits linguistiques et d’immigration francophone, ainsi que le travail mené au niveau national, notamment aux côtés de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), autour de la modernisation de la Loi sur les langues officielles.
« Je reçois ce quatrième mandat avec beaucoup de reconnaissance et avec le même désir de servir la Fransaskoisie. Les avancées réalisées sont le résultat d’un travail collectif et plusieurs dossiers demandent encore notre attention. Mon engagement demeure le même : faire entendre notre voix, défendre nos intérêts et poursuivre le développement de la Fransaskoisie avec nos communautés et nos partenaires », déclare M. Denis Simard, président de l’ACF.
Faire évoluer notre démocratie plutôt que simplement constater ses défis
L’ACF reconnaît qu’il reste du travail à accomplir pour susciter davantage de candidatures et renforcer la participation. Cette réalité appelle à agir, et c’est précisément la direction prise en 2026. Pour la première fois, le scrutin de l’ACF se déroulera entièrement en ligne. Dans une province aussi vaste que la Saskatchewan, ce virage numérique constitue une réponse concrète aux contraintes géographiques et aux défis de participation. Il vise à simplifier l’inscription et l’exercice du droit de vote et, surtout, à ouvrir davantage le processus démocratique et à permettre au plus grand nombre d’y prendre part.
L’ACF poursuivra ce travail au-delà de 2026. Sensibilisation, mobilisation dans les régions, accompagnement des candidats et accessibilité du processus devront continuer à évoluer. Une démocratie communautaire vivante est aussi une démocratie capable de se questionner, de s’adapter et de faire mieux.
Un portrait qui aurait mérité d’entendre toutes les parties prenantes
C’est dans cet esprit que l’ACF est préoccupée et se désole du traitement réservé aux élections dans l’article publié par L’Eau vive. Un regard critique est légitime et nécessaire. Il est toutefois regrettable qu’un article questionnant directement la vitalité du processus démocratique de l’ACF ait été publié sans solliciter la DGE ni la direction de l’ACF, pourtant directement impliquées dans son organisation et dans la mobilisation menée auprès des communautés. [LP1]
Le débat est sain. La critique l’est également. Mais ils gagnent en force lorsqu’ils reposent sur un portrait complet, rigoureux et équilibré des faits et permettent aux principales parties prenantes d’être entendues.
L’ACF reconnaît les défis soulevés par ces élections et continuera à travailler pour renforcer la participation. Elle refuse toutefois que ces défis éclipsent l’engagement de celles et ceux qui ont répondu présents : candidats, élus, organismes régionaux, anciens députés, membres des communautés et électeurs.
Car la vitalité démocratique ne se mesure pas uniquement au nombre de courses électorales. Elle se mesure aussi à notre capacité de nous renouveler, d’accueillir de nouvelles voix, de valoriser celles et ceux qui continuent de s’engager et de faire évoluer nos institutions.
- La rédaction de L’Eau vive a offert le 18 septembre une nouvelle occasion à l’ACF de s’exprimer sur le sujet dans le cadre d’un article de suivi. L’ACF a une nouvelle fois décidé de ne pas donner suite à cette offre.