Élections de l’ACF : une campagne cruciale pour l’avenir de la fransaskoisie
La course aux élections générales de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) est officiellement lancée. Depuis le 16 août, les personnes qui souhaitent représenter leur communauté peuvent déposer leur candidature pour les quinze postes de députés communautaire ou pour la présidence de l’organisme. Les candidats ont jusqu’au 5 septembre pour se manifester.
Cette année, les électeurs fransaskois seront appelés aux urnes du 30 octobre au 4 novembre. Et pour la première fois, le scrutin se déroulera entièrement en ligne.
Cette nouveauté, votée à l’unanimité par les députés de l’ACF, vise à faciliter la participation des membres de la communauté éparpillés à travers la province.
« La fransaskoisie ne se limite pas aux grands centres : nos communautés du Nord ont des réalités, des défis et des besoins qui leur sont propres », rappelle à cet égard Soraya Ellert, directrice générale de la Société canadienne-française de Prince Albert (SCFPA).
Soraya Ellert, directrice de la Société
canadienne-française de Prince Albert
(SCFPA)
Photo : Archives de L’Eau vive
Cette dernière se réjouit donc que ces élections puissent permettre une meilleure représentation des réalités régionales.
« Je souhaite que les représentants qui seront élus soient beaucoup plus présents sur le terrain et qu’ils prennent le temps d’écouter les organismes et les citoyens qui sauront porter leurs préoccupations auprès du gouvernement et des différentes instances », ajoute-t-elle.
Les quinze députés communautaires qui seront élus représenteront les 12 districts électoraux de l’ACF pour un mandat de trois ans.
Mathieu Rima, directeur de la Fédération des francophones de Saskatoon (FFS), espère voir l’émergence de personnes capables de porter la voix de leur localité.
Mathieu Rima, directeur de la Fédéraiton
des francophones de Saskatoon (FFS)
Photo : Radio-Canada Saskatchewan
« Nous espérons que ces élections suscitent un réel intérêt et une bonne participation. La vitalité de la démocratie est importante : plus les membres de notre communauté participent, plus notre représentation collective est forte et légitime », avance-t-il.
Du pain sur la planche
Ces représentants devront, entre autres choses, faire valoir les besoins de la communauté francophone auprès des instances gouvernementales.
Pour Suzanne Campagne, présidente de l’Association communautaire fransaskoise de Regina (ACFR), les réalités opérationnelles des organismes communautaires demeurent préoccupantes.
Suzanne Campagne, présidente de l’Association communautaire fransaskoise de Regina (ACFR)
Photo : Archives de L’Eau vive
« Nous circulons constamment entre trois centres scolaires communautaires pour desservir les membres de notre communauté là où ils sont. De plus, la disparité entre les salaires payés aux gestionnaires d’organismes provinciaux en comparaison avec la charge de responsabilités de nos organismes demeure un problème », déplore-t-elle.
D’après la porte-parole, cette réalité « laisse peu de place à l’innovation, au développement de nouvelles initiatives et à l’attraction de nouveaux membres ».
La question des infrastructures et des espaces dédiés aux francophones est aussi au cœur des préoccupations.
À Prince Albert, Soraya Ellert souligne que « le développement à long terme passe par la visibilité des lieux et l’accessibilité des sites afin de permettre aux francophones de se rassembler, de créer, de recevoir des services et développer des projets ».
L’accès aux services en français
La santé et l’éducation font également partie des dossiers sur lesquels les députés de l’ACF devront mener des démarches.
« Beaucoup de francophones arrivent à Saskatoon sans connaître les organismes, les écoles, les services ou les activités disponibles en français. Il faut mieux les informer et faciliter leur lien avec la communauté », estime Mathieu Rima.
À Regina, Suzanne Campagne voudrait offrir « une programmation intergénérationnelle répondant aux besoins de personnes âgées de 3 à 85 ans ».
« Les projets ponctuels sont importants, mais pour bâtir une communauté durable, il faut aussi pouvoir maintenir des emplois francophones, des infrastructures, des services et une programmation régulière », ponctue Soraya Ellert.
Attirer et retenir les francophones
L’immigration francophone est l’un des leviers permettant de renouveler la population francophone de la Saskatchewan. Mais encore faut-il que les nouveaux arrivants restent dans la province.
« Nous développons des activités autour de la culture, du sport, des loisirs et des rencontres sociales. L’objectif est d’avoir un programme qui corresponde aux intérêts des jeunes et qui leur permette de créer des liens avec d’autres francophones et francophiles », défend Mathieu Rima.
Selon le directeur de la FFS, la question de la rétention est essentielle. Il ne suffit pas d’attirer des jeunes francophones à Saskatoon, il faut aussi qu’ils y trouvent une communauté, des réseaux, des activités et des possibilités de s’impliquer.
L’approche des Jeux de la francophonie canadienne de Regina en 2028 est justement l’occasion pour l’ACFR de mobiliser la jeunesse.
« Nous comptons faire appel en tant que bénévoles aux jeunes membres avec qui nous entretenons des liens solides, tout en développant nos effectifs pour mobiliser davantage de jeunes lors de cet événement majeur », précise Suzanne Campagne.
Critères pour présenter sa candidature aux élections de l’ACF
- Parler français
- Avoir 18 ans ou plus
- Déclarer son intérêt à promouvoir le fait français et respecter les buts fondamentaux de l’ACF
- Présenter une déclaration de mise en candidature accompagnée de 10 soutiens admissibles
- Fournir une vérification du casier judiciaire
- Certifier ne pas être en état de faillite
- Pour la présidence, résider en Saskatchewan depuis au moins 6 mois
- Pour un poste de député communautaire, résider depuis au moins 5 mois dans le district électoral visé