Numéro 1 - Printemps 2017

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Je me souviens

Je me souviens

Souvenirs des Amériques (1)

Je me souviens

D’une terrasse sur les hauteurs de Cuernavaca

D’un patio austère de Coyuacán

D’une nuit étoilée à Teotihuacán

Des plages noires du Guatemala

Du champ où faire la sieste, à San José Costa Rica

Du parc planté d’eucalyptus où j’allais passer des heures

en sortant des bains de vapeur, à Oaxaca,

et où je n’ai jamais vu un chat

Un village tout blanc qu’on aurait dit suspendu dans le temps

Et le soleil et la mer et la Sierra,

et le désert de Chihuahua, et celui de l’Arizona

Paysages à se damner

ocres, verts, bleus, blancs, brûlés

Rayons du matin qui se glissent entre les palmiers et

réchauffent un sable si doux qu’on ne porte jamais de souliers

Jolie maison avec quelques scorpions

et vue sur le Popocatépetl

Petite maison mal à l’aise

sur les bords du lac Atitlán

Soleil se cache, la junte prend ses aises

 

Odeurs de mort, de menthe et de fleur d’oranger

que j’ai traînées de Panajachel à Santa Barbara

Noyée sous le chèvrefeuille et les jacarandas

 

White sun-baked memories

Was God looking down on me?

I wonder

What did he see?

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Printemps 2017

Un jour de grand vent

Mardi le 10 mai ’66. De bonne heure le matin, au Restaurant Lafontaine à Métabetchouan au Lac-Saint-Jean. L’accent du Lac est présent à différents degrés chez les personnages. Il affecte en particulier Monsieur Pit, un sympathique septuagénaire à la retraite. Jeannot Lafontaine, douze ans, est debout derrière le comptoir. Il porte son uniforme...

La Voie lactée

Il était une fois,
au fin fond du Far West canadien,
dans une province au nom imprononçable,
une cavalière redoutable.

Le grand barrage

À défaut d'être aimé, Henri était respecté de tous les castors. Sa supériorité ne laissait aucun doute. On n'avait qu'à regarder son barrage pour comprendre qu'il était plus doué que les autres.

Knockout

L’aiguille de glace qui arracha Victor Florkowski à la vie ressemblait à un ivoire de mammouth. Elle était aussi large qu’un pneu, aussi longue que la victime, et se rétrécissait en une pointe cristalline —  à double tranchant — dont la beauté fatale resplendissait sous clair de lune.

Cantate pour légumes

Au cœur de ce texte sont quatre êtres qui ont perdu leur voix, la capacité d’exprimer leur volonté et leur angoisse. Ancrés dans leurs fauteuils roulants, Asperge, Gourde, Navet et Asperge rêvent d’évasion. Dans les solos de la cantate, les légumes expriment leurs désires les plus profonds.

Triptyque - Micro nouvelles

Au coin de l’avenue Idylwyld et la 23e un bip discontinu se fait entendre à ma gauche. Un clignotement sonore: on peut traverser.  Entre les deux lignes on peut traverser. “Passez, monsieur. Priorité aux piétons.” Oui, on peut traverser. On peut traverser si les autos s’arrêtent.

Entreciel

Sorties de l’entretoit des corniches des greniers de mille espaces connus d’elles seules oubliés par concierges et architectes, les hirondelles occupent dès le matin l’entreciel, la part élevée de Madrid, en rase-tête des habitants des terrasses jusqu’à la proximité des saints perchoirs, des croix des antennes, faisant fi de nos communications avec l’au-delà.

La mousse

Maman, pourquoi c’est mouillé ici? 

C’est la mousse, mon chéri. Fais attention à ne pas glisser.

De la supercherie De la supercherie

Cette réflexion est née d’un constat. La vie ne nous appartient pas. Elle nous a été léguée et nous la rendrons en même temps que notre dernier souffle.

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