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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Marocains en Saskatchewan : une présence modeste mais qui se renforce
Ghita Hanane – IJL-L’Eau vive
/ Catégories: Société, Immigration

Marocains en Saskatchewan : une présence modeste mais qui se renforce

Encore peu nombreuse il y a quelques années, l’immigration marocaine commence à se faire une place en Saskatchewan. Entre recrutement de travailleurs à l’étranger et arrivée de nouvelles familles, les liens se multiplient entre la province des Prairies et le royaume chérifien.

En 2025, le Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan (CÉCS) s’est rendu au Maroc dans le cadre de la première édition de Destination Saskatchewan. L’objectif : mettre en relation des employeurs de la province avec des candidats à l’immigration.

Quatre employeurs ont participé à l’initiative, dont un représentant trois autres organismes, pour un total de 200 postes à combler.

Selon les données du CÉCS, 80 offres d’emploi ont été émises et 66 acceptées. Environ la moitié étaient destinées à des candidats marocains.

Quelques mois plus tard, les premiers résultats sont visibles sur le terrain : 28 personnes qui avaient été recrutées dans le cadre de l’initiative sont déjà arrivées en Saskatchewan, dont 17 Marocains.

Ces arrivées s’inscrivent dans un mouvement plus large.

En 2025, selon des données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), 2 615 résidents permanents d’expression française admis hors Québec étaient citoyens marocains, faisant du Maroc le troisième pays de l’immigration francophone, derrière le Cameroun et l’Algérie.

« Si cette province m’a choisie… »

Derrière ces chiffres se cachent toutefois des parcours très différents. Tous les Marocains qui choisissent la Saskatchewan n’arrivent pas nécessairement via des missions de recrutement.

Pour Salma Lakhdar, tout a commencé à Casablanca. Titulaire d’un master en ingénierie industrielle, elle a travaillé pendant sept ans comme responsable de production avant d’entamer une procédure d’immigration vers le Canada.

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Salma Lakhdar, résidente de Saskatoon. Crédit : Courtoisie

Son choix portait alors davantage sur le pays que sur une province précise. Elle cherchait de nouvelles possibilités pour sa famille et l’avenir de ses enfants.

Mais sa procédure d’immigration a rapidement pris une direction inattendue.

« Lorsque j’ai commencé ma procédure d’Entrée express, j’ai reçu une nomination de la Saskatchewan seulement deux jours après. Je me suis alors dit : si cette province m’a choisie, pourquoi ne pas la choisir à mon tour ? »

Le 5 mars 2024, elle pose ses valises à Saskatoon. Seule et enceinte. Son mari et son fils sont encore au Maroc et ne la rejoindront que quelques mois plus tard.

Malgré son diplôme et ses années d’expérience professionnelle, ses débuts canadiens passent par Walmart.

« Ce n’était pas évident, mais j’ai fait de mon mieux pour m’adapter à ma nouvelle vie », raconte-t-elle.

Pendant cette période, elle se répète une phrase pour garder le cap : « Aime ce que tu fais, pour pouvoir un jour faire ce que tu aimes. »

Trouver sa place

L’installation ne se limite pas à trouver un emploi. Salma Lakhdar comprend rapidement l’importance de se créer un réseau. Elle frappe, selon ses propres mots, « à toutes les portes ».

Le Service d’accueil et d’immigration (SAIF-SK), le CÉCS, la Communauté des Africains francophones (CAFS), la Fédération des francophones de Saskatoon (FFS), ou encore Saskatoon Open Door Society font partie des organismes qu’elle sollicite.

Elle participe également à titre de bénévole à plusieurs événements communautaires.

Quelques mois après l’arrivée de son mari et de son fils, puis de son congé maternité, une nouvelle possibilité professionnelle se présente.

Aujourd’hui, Salma Lakhdar travaille au SAIF-SK en tant que travailleuse en établissement dans les écoles de Saskatoon.

« J’adore ce travail parce que j’arrive à travailler avec les enfants et les jeunes chaque jour. J’essaie, avec les moyens disponibles, de les aider à faciliter leur intégration scolaire. »

Un changement de trajectoire important pour celle qui travaillait auparavant dans la production industrielle.

Aujourd’hui, elle poursuit une formation universitaire consacrée à l’immigration francophone : « Je suis vraiment heureuse et fière de faire partie de la communauté francophone. »

Plus de 250 postes en 2026

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Destination Saskatchewan au Maroc en 2025. Crédit : Page Facebook du CÉCS.

Le recrutement au Maroc, lui, se poursuit. Fort de sa première expérience, le CÉCS organise cet automne une deuxième édition de Destination Saskatchewan.

Cette fois, plus de 250 postes sont à combler dans quatre secteurs principaux : l’automobile, l’hôtellerie-restauration, la construction-maintenance et la logistique, notamment pour des postes de chauffeurs longue distance.

Des sessions en ligne auront lieu du 27 au 29 octobre, avant une foire de l’emploi à Rabat les 24 et 25 novembre. Les candidats sélectionnés pourront ensuite rencontrer les employeurs lors d’entretiens les 26 et 27 novembre.

Le dernier recensement permet difficilement de mesurer l’ampleur actuelle de cette immigration, même si les données disponibles montrent que la présence marocaine en Saskatchewan demeure relativement modeste.

Les initiatives de recrutement récentes témoignent cependant d’un rapprochement entre la province et le Maroc.

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