La santé des sols au cœur de la recherche en Saskatchewan
Comment assurer le rendement agricole tout en préservant les sols ? C’est la question à laquelle tente de répondre l’agronome Maryse Bourgault de l’Université de la Saskatchewan, désireuse de favoriser une agriculture régénératrice au cœur des Prairies.
Le 24 septembre, l’agriculture et la santé des sols étaient au cœur des discussions à l’Université de la Saskatchewan à Saskatoon.
Après son assemblée générale annuelle, l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS) en Saskatchewan avait organisé une conférence sur le sujet animée par la chercheuse Maryse Bourgault.
La titulaire de la Chaire de recherche en agronomie intégrée de la WGRF à l’Université de la Saskatchewan a exposé les résultats de plusieurs études réalisées dans les Prairies.
« Le sol canadien est jeune et riche », a-t-elle souligné, mentionnant au passage que 75 % du blé produit au Canada était exporté à l’étranger.
Maryse Bourgault, agronome à l’Université de la Saskatchewan. Crédit : Christina Weese
Mais si la production agricole s’est améliorée ces dernières années grâce à une meilleure disponibilité des nutriments pour les cultures, les producteurs doivent aussi protéger leurs sols et maintenir la rentabilité de leurs exploitations.
Produire sans épuiser
Selon la définition de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture de l’ONU, l’agriculture durable repose sur trois dimensions : l’environnement, le social et l’économie.
Pour assurer cet équilibre, l’agriculture doit répondre aux besoins des générations actuelles et futures. Un objectif qui se heurte à plusieurs défis.
Parmi les obstacles, Maryse Bourgault note l’érosion des sols, les effets non ciblés de certains insecticides, la résistance des mauvaises herbes aux herbicides, ou encore le coût des intrants.
À cela, il faut ajouter l’acidification des sols et les émissions de gaz à effet de serre ainsi que les faibles marges de profit pour les exploitants.
Pour trouver des solutions, la recherche se penche vers la nature, à commencer par les légumineuses qui ont leur rôle à jouer.
En effet, certaines bactéries, comme le rhizobium, établissent une relation avec les racines des légumineuses en formant des nodules sur celles-ci. Une symbiose qui permet la fixation biologique de l’azote, gage de nourriture pour la plante.
En outre, les cultures intercalaires représentent une autre piste de solution. Le principe consiste à faire pousser plusieurs cultures ensemble.
Des essais menés en 2021 et 2022 ont testé différentes associations : pois avec canola, lentille avec blé, pois chiche avec lin, ou encore féverole avec avoine.
Les résultats varient, certaines combinaisons étant plus prometteuses que d’autres. De futures recherches devront les confirmer.
Maryse Bourgault étudie également les cultures de couverture. Celles-ci peuvent être implantées avant les semis, avec la culture principale, au milieu de la saison ou après la récolte.
La scientifique mesure leur biomasse, le nitrate présent dans le sol et les rendements. Elle analyse aussi le nombre de plantes de couverture et la qualité du grain.
Des expériences qui permettent de mesurer les effets des différentes pratiques dans les conditions agricoles de la Saskatchewan.
À la fin de la présentation, un échange s’est tenu avec le public. Les questions des participants ont permis de poursuivre la discussion autour des pratiques agricoles et de leur application dans les Prairies, un défi qui promet d’occuper la recherche pour les années à venir.