Trois entrepreneurs des Prairies partagent les clés de leur réussite
De l’éducation aux services de nettoyage en passant par les produits alimentaires africains, trois entrepreneurs des Prairies ont retracé leur parcours et partagé leurs conseils avec les francophones de Moose Jaw le 5 septembre.
Organisée par le Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan (CÉCS), la rencontre s’est tenue à l’hôtel Grant Hall de Moose Jaw lors de l’événement Entreprendre en Saskatchewan.
Shaun Nanan, Pascal Bowa et Ginette Apeus Koume sont venus partager leurs parcours avec les francophones de la ville, mais aussi les difficultés et les erreurs qui ont jalonné leur aventure entrepreneuriale.
Répondre à un besoin
Pour ces trois entrepreneurs, l’idée de départ est née d’un problème concret.
Originaire de la République démocratique du Congo, Pascal Bowa est arrivé au Canada par l’Alberta avant de s’établir à Regina.
À son arrivée, il a constaté que ses diplômes n’étaient pas reconnus au pays. Devant la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille, il a dû envisager une nouvelle voie professionnelle.
Il s’est alors tourné vers le nettoyage professionnel et a fondé B & Bowa Cleaning Services. L’entreprise emploie aujourd’hui 45 personnes à temps plein et 20 à temps partiel, principalement des nouveaux arrivants qui, comme lui, peuvent rencontrer des obstacles à la reconnaissance de leurs qualifications.
Pour Pascal Bowa, son entreprise constitue ainsi une façon d’offrir des possibilités d’emploi à des personnes qui cherchent à s’intégrer au marché du travail.
« Il faut transformer chaque défi en une occasion d’apprendre », affirme-t-il.
De son côté, Ginette Apeus Koume a lancé son entreprise après avoir éprouvé des difficultés à trouver des produits correspondant à ses goûts et à ses habitudes culturelles après son installation à Saskatoon.
Elle raconte avoir cherché, sans succès, des vêtements et des produits alimentaires qui lui convenaient, notamment du café rappelant celui qu’elle consommait en Afrique.
Constatant que d’autres membres de sa communauté pouvaient vivre la même situation, elle a d’abord ouvert une boutique de vêtements, avant de se consacrer à Djende Premium Specialty Food.
« Mon café est pour ceux qui s’ennuient du café d’Afrique », lance la femme d’affaires.
Pour Shaun Nanan, entrepreneur établi à Moose Jaw et fondateur de Nanan Academy, la création d’une entreprise doit elle aussi partir d’un besoin clairement identifié.
« Ne commencez pas avec un produit, commencez avec un problème », conseille-t-il.
Son académie vise ainsi à rendre l’éducation en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) plus accessible.
Selon lui, les écoles publiques ne disposent pas toujours des ressources nécessaires pour offrir ce type d’apprentissage de manière approfondie.
L’entreprise, qui s’adressait initialement aux jeunes d’âge scolaire, propose désormais aussi des formations aux enseignants et aux personnes âgées.
Apprendre de ses erreurs
Si leurs parcours diffèrent, les trois entrepreneurs s’entendent sur un autre point : se lancer en affaires exige de la patience, de la préparation et une bonne dose de résilience.
Ginette Apeus Koume en a fait l’expérience dès ses débuts. Sa première entreprise, une boutique de vêtements, a fermé ses portes après seulement un an d’activité.
« La première année, l’entreprise vit de toi. Il ne faut pas s’attendre à faire de l’argent et il est très important d’être préparé pour cette réalité avant d’ouvrir », explique-t-elle.
Pascal Bowa insiste, pour sa part, sur l’importance de préserver la confiance des clients, même lorsque les affaires deviennent difficiles.
Il se souvient notamment d’un projet qu’il avait mal évalué et qui lui a occasionné une importante perte financière. Malgré cela, il a choisi de le mener à terme afin de protéger la réputation de son entreprise.
« J’ai tout de même terminé le projet pour m’assurer de préserver la réputation de nos services. J’ai appris de mon erreur et j’ai mieux planifié mes prix par la suite. Il est important d’apprendre de ses erreurs pour éviter la faillite », raconte-t-il.
Commencer petit
Shaun Nanan recommande également de limiter les risques au début d’une aventure entrepreneuriale.
« Construisez petit, testez rapidement et apprenez. Plusieurs entreprises échouent parce qu’elles bâtissent trop vite et accumulent trop de dettes », prévient-il.
À ses débuts, Nanan Academy a testé son concept auprès de seulement cinq jeunes de Moose Jaw, dans le cadre d’un projet pilote.
Cette démarche a permis à l’entreprise de mieux comprendre les besoins de sa clientèle et de déterminer combien les parents étaient prêts à payer pour des cours privés en STIM.
En répondant à des besoins dans leur communauté, Shaun Nanan, Pascal Bowa et Ginette Apeus Koume ont à la fois créé leur propre emploi et celui d’autres personnes.
Parmi les gens présents à l’événement, Michel Zogheib, un résident de Moose Jaw, retient surtout un conseil : « Ne jamais abandonner. »