Actualité littéraire

Les enfants qui ont le TDAH racontent-ils plus de mensonges que les autres ?
Elyse Proulx-Cullen

Les enfants qui ont le TDAH racontent-ils plus de mensonges que les autres ?

Vous demandez à pitchounette si elle a fait ses devoirs et elle vous répond « oui » à tous les coups. Vous recevez un courriel de l’école qui explique que pitchounet a élaboré une histoire bien sentie sur son devoir terminé qui a été gâché par le chien qui a renversé un verre d’eau sur le cartable et que le cartable est tombé dans la neige… C’est à se demander d’où vient ce besoin d’investir tant d’efforts à réorganiser les faits !

De récents travaux indiquent plutôt que le mensonge chez les enfants qui ont le TDAH est en fait une stratégie de protection.

En psychologie, le phénomène de fuite ou combat (flight or fight) a évolué pour inclure le figement (freeze).

Ces réactions sont des réponses comportementales à un événement perçu comme un danger ou un stress.

Des travaux en neurologie sur les fonctions exécutives et le TDAH considèrent maintenant le mensonge, ou fib en anglais, comme une réponse à un danger perçu exprimée autant par les enfants que les adolescents et les adultes affectés par le TDAH.

Selon ces autrices spécialisées en santé et en éducation, M. Hassall et B. Hunter, ce mécanisme offre à l’individu une protection temporaire comme ne pas décevoir son parent.

Ce mécanisme permet aussi la déflexion temporaire des conséquences et une prolongation ou un délai qui donne du temps à l’individu pour réfléchir à la situation.

Finalement, les « bobards » ont aussi pour effet immédiat de préserver l’estime de soi et de mettre en œuvre son sentiment d’auto-efficacité en se protégeant des réactions négatives et rabaissantes des autres.  

Alors, comment doit-on soutenir un enfant affecté par le TDAH pour qu’il n’ait pas à se servir de ce mécanisme ?

Des spécialistes proposent ces stratégies :

  • Identifier des alliés dans l’entourage de l’enfant qui sachent le soutenir par le biais d’une rétroaction bienveillante ;
  • Encourager l’enfant à demander de la rétroaction lorsqu’il accomplit sa tâche afin qu’il puisse s’ajuster au fur et à mesure et développer son sens de l’autodétermination ;
  • Remplacer les commentaires négatifs ou les jugements tels que « Mais, que va dire ton enseignante ? » ou « Comment penses-tu terminer ton travail si tu parles avec ta voisine de classe à tout bout de champ ? » par « Est-ce qu’il y a quelque chose qui te stresse par rapport à ce devoir ? » ou « Comment est-ce que je peux t’aider à faire ton travail ? »
  • Organiser des espaces-temps pour mieux gérer la tâche et empêcher la personne de se sentir submergée.
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