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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Madeleine Blais-Dahlem, une dramaturge fransaskoise récompensée à l’international

Madeleine Blais-Dahlem, une dramaturge fransaskoise récompensée à l’international

Beau coup de théâtre pour la dramaturge et autrice fransaskoise Madeleine Blais-Dahlem qui a eu la bonne nouvelle d’être nommée, en mars dernier, lauréate du Prix du Centre des écritures Wallonie-Bruxelles. Un prix qui permettra à l’artiste de poursuivre sa pratique de l’écriture théâtrale en Belgique pour mener à bien un nouveau projet de pièce de théâtre.

Félicitations pour votre récompense. Que représente ce prix à vos yeux ?

Ce prix est une validation de mon œuvre, de ma carrière.

Le prix est offert par la fondation de l’Association des théâtres francophones du Canada qui dessert spécifiquement les théâtres en situation minoritaire.

C’était un concours où on devait soumettre un projet. Dans mon cas, c’était d’écrire une nouvelle pièce pendant une résidence d’écriture de quatre semaines à Mariemont, en Belgique. 

Que remportez-vous exactement ?

Une bourse de 5 000 dollars de la part du Conseil des arts du Canada et quatre semaines de résidence avec hébergement et accès au Centre d’écriture dramatique de Wallonie-Bruxelles, donc avec des conseillers dramatiques et des comédiens.

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Madeleine Blais-Dahlem, écrivaine et dramaturge. Crédit : Courtoisie

Quatre semaines d’écriture, c’est un beau séjour qui vous attend.

Oui, et ça me donne un sens d’obligation : je dois finir au moins le premier jet du texte proposé !

Vous avez remporté ce prix grâce à votre projet de pièce Flipside. De quoi s’agit-il ?

C’est un texte qui explore le mystère au cœur d’un long mariage. Mon mari et moi fûmes mariés pendant presque 56 ans. Il est maintenant décédé, ce qui ajoute une tout autre dimension à cette exploration.

Et le titre vient du fait que la vie de couple n’est pas toujours facile, alors où mettre ces choses-là ? Sur le flipside

Plusieurs artistes fransaskois ont récemment été invités à des résidences artistiques à l’international. Est-ce le signe selon vous que l’art des Prairies commence à intéresser de plus en plus par-delà les frontières ?

En Saskatchewan, nous sommes très loin de Montréal et de Paris. On ne nous connaît pas. Je dirais que la qualité de la demande est l’ingrédient essentiel.

Les artistes fransaskois ont plus d’opportunités de se déplacer pour la poursuite de leur carrière, ce qui a souvent pour conséquence qu’ils quittent la Saskatchewan.

L’effet COVID est, de façon surprenante, un avantage puisque nous nous sommes habitués aux rendez-vous, réunions et ateliers virtuels. Ce qui ne peut manquer d’améliorer notre rendement et nos projets créatifs. 

Vous êtes originaire de Delmas et vous résidez à Saskatoon. Qu’est-ce qui fait l’originalité d’un dramaturge francophone de la Saskatchewan d’après vous ?

Je crois que mon originalité vient de mon caractère, mais aussi du fait que je suis isolée et loin des influences contemporaines ou immédiates. Je ne sais pas ce qui est cool en ce moment !

Bien que mes deux dernières pièces et Flipside ne soient pas réalistes, elles sont régionales : j’assume la réalité de ma vie et mon cadre créatif est toujours la Saskatchewan, la ferme de mon enfance, ma famille.

Vous avez eu une carrière dans l’enseignement et vous avez écrit du théâtre jeunesse. Que diriez-vous aux jeunes Fransaskois qui voudraient se lancer dans l'écriture ?

Une personne créative ne peut pas s’empêcher de créer. C’est très satisfaisant et enrichissant. Mais on ne devient pas riche. Alors il faut le faire pour la joie de la chose et pour arriver à se connaître. Nulle autre raison. 

J’écris parce que je ne peux pas faire autrement. C’est très difficile de faire produire une pièce, mais j’ai des choses à dire alors j’écris.

 

Madeleine Blais-Dahlem, d’enseignante à autrice

Originaire de Delmas, un hameau de la Saskatchewan, Madeleine Blais-Dahlem a suivi une première carrière dans l'enseignement avant de réaliser son rêve d’écriture.

La Troupe du Jour de Saskatoon a produit et tourné trois de ses pièces : Foyer en 2005, Les vieux péteux en 2008 et La Maculée en 2011, qui a remporté un prix aux Saskatoon and Area Theatre Awards (SATA) pour Réalisation exceptionnelle en écriture et a représenté le Canada à la conférence Women Playwrights International à Stockholm en 2012. Sa création Cantate pour légumes a été mise en scène en février dernier par la Troupe du jour.

Son premier roman, La Voix de mon père, paru en 2015, a remporté le Prix du livre français des Saskatchewan Book Awards en 2017. En 2020, les Éditions de la nouvelle plume (ÉNP) ont produit le roman en version audio, le premier en son genre par un auteur de la Saskatchewan.

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