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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Le futur du cinéma africain présenté à Regina
Leanne Tremblay
/ Catégories: Arts et culture, Cinéma

Le futur du cinéma africain présenté à Regina

Du 23 au 26 septembre s’est tenue la deuxième édition du Festival international du film africain de la Saskatchewan à la Cité universitaire de l’Université de Regina. Au programme, une vingtaine de courts et longs métrages qui mettent en valeur la réflexion, la résistance et la révolution africaines.

Babatunde Onikoyi, directeur et cofondateur de l’événement, a reconnu le « pouvoir du cinéma » pendant le lancement de cette deuxième édition.

« Cette année, on souligne la capacité qu’a le cinéma de partager nos réalités, de faire entendre nos voix et d’inspirer des changements à travers des histoires d’identité, de culture, de résilience, d’innovation et d’expériences partagées », a-t-il poursuivi.

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Babatunde Onikoyi, directeur et cofondateur du Festival international du film africain de la Saskatchewan. Crédit : Denis Conroy

Selon le chercheur en cinéma à l’Université de Regina, le festival vise à « enrichir le paysage multiculturel de la Saskatchewan en fournissant un espace où les créatifs et le public pourraient se connecter à travers la langue universelle du film ».

Pour ce faire, Babatunde Onikoyi a invité les réalisateurs à animer des discussions autour de leurs films et de l’industrie.

Plusieurs ont accepté l’invitation, dont Saheed Aderinto, réalisateur du film Women of Fuji et Rogers Ofime, producteur du film Conversations in Transit.

Les discussions ont suscité la participation de professeurs et d’étudiants comme le docteur Segun Afolabi et Sheila Petty, ancienne directrice du département des beaux-arts et de l’Institut français.

Une nouvelle réalité

« L’art du film me tient à cœur, a lancé le conférencier Stanlee Ohikhuare. Je veux aller au cinéma, je veux regarder un film dans un espace où il est présenté comme une œuvre d’art, je veux l’expérimenter. »

Mais impossible de faire abstraction du fait que les façons de consommer le cinéma ont changé.

« La nouvelle génération ne va pas au cinéma ni devant la télévision à la maison. Elle est sur son téléphone », reconnaît le réalisateur nigérien du film The Grateful City.

C’est pourquoi Stanlee Ohikhuare s’est tourné vers l’intelligence artificielle et a basé sa présentation du festival sur cet outil qu’il considère maintenant comme « essentiel » dans la production du film, surtout en Afrique.

Ce positionnement fait de lui un « visionnaire » dans le milieu du cinéma au Nigéria, aussi appelé Nollywood.

« Nollywood produit plus de 2 500 films par année, des histoires qui atteignent des milliards de personnes. Ce secteur est en pleine croissance », souligne le cinéaste.

Stanlee Ohikhuare estime que le succès de Nollywood est étroitement lié à l’intelligence artificielle.

« Pendant cette ère de production de films, un réalisateur ne peut pas simplement être créatif. Il faut aller de l’avant. Et ce serait impossible si on restait fidèle à la tradition. » 

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Stanlee Ohikhuare a fondé le festival du film Black AI Fest. Crédit : Stanlee Ohikhuare

Selon lui, le cinéma américain serait à l’inverse trop rigide et sur la défense, n’acceptant pas encore les créations dont les origines ne sont pas humaines.

En revanche, le système chinois, lui, favoriserait la production en masse alimentée par l’IA. Plusieurs mini-séries sont produites chaque semaine et sont consommées au même rythme.

Dans ce contexte, Stanlee Ohikhuare appelle à « une approche africaine, un système qui valorise et protège nos cultures, outils et lois ».

Une dizaine de questions ont été posées à la suite de la présentation du cinéaste, la plupart liées à l’éthique entourant l’utilisation de l’IA.

Le docteur Segun Afolabi de la Cité universitaire, qui concentre sa recherche sur l’histoire, la théorie et les éthiques de traduction, a ainsi appris que l’IA permettrait aux acteurs qui ne parlent pas nécessairement la langue de la production d’être traduits de façon authentique.

Une approche qui risque de ne pas plaire à tout le monde.

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