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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Écrans et TDAH : pourquoi les ados craquent plus facilement
Elyse Proulx-Cullen

Écrans et TDAH : pourquoi les ados craquent plus facilement

Le temps d’écran affecte le développement cognitif des adolescents, surtout ceux qui présentent un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

La recherche démontre que les cerveaux TDAH réagissent différemment aux technologies. Toutefois, tous les écrans n’ont pas le même effet. Comprendre ces nuances permet d’appliquer des stratégies de gestion adaptées.

Ce que dit la science

Le TDAH est lié à un déficit de régulation de la dopamine, le neurotransmetteur de la récompense. Cette vulnérabilité biologique face aux besoins en dopamine explique la vulnérabilité à la dépendance.

Les écrans offrent une stimulation visuelle et cognitive continue. Combinées aux fonctions interactives des médias sociaux, ces stimulations comblent instantanément le besoin de dopamine du cerveau.

Ce phénomène peut déclencher l’hyperfocalisation rendant les transitions et l’arrêt de l’activité très difficiles. Les ados sont ainsi complètement absorbés.

Mais attention, cette exposition prolonge aussi la fatigue mentale et nuit aux fonctions exécutives, comme la planification et le contrôle des impulsions.

D’ailleurs, au fil des années, plusieurs pays ont entrepris des démarches judiciaires contre les géants des médias sociaux ciblant les fonctions addictives programmées dans les applications.

En août dernier, META (Facebook et Instagram) a conclu un accord historique en mettant fin à un bras de fer judiciaire débuté en 2021 l’accusant d’avoir conçu des plateformes addictives pour les adolescents.

Différencier la nature du temps d’écran

L’effet des écrans dépend aussi fortement du type de média consommé, de l’appareil, de la distance physique, et du niveau d’interactivité.

  • La télévision traditionnelle : ce format plutôt passif sans interactivité est moins addictif. L’ado subit le rythme de la programmation sans chercher une gratification immédiate. De plus, votre optométriste de famille vous félicitera de regarder un écran qui est loin des yeux !
  • Les chaînes en continu : bien que le contenu ressemble à celui de la télévision, le visionnage en continu (binge-watching) qui est programmé à même l’application rend cette option plus addictive.
  • Le téléphone portable : pour bien des familles, le téléphone portable est maintenant le seul moyen de communication avec leurs ados. Voici certains des facteurs à considérer pour évaluer s’il y a des signes de surconsommation chez ces derniers : le téléphone reste dans la main ou dans la poche de l’ado toute la journée ; le téléphone est allumé sur la table de nuit ; votre ado a un sommeil perturbé ; le temps passé au ‘défilement morbide’ (doom scrolling) est élevé ; la nature du contenu qui est regardé ; votre ado est branché ou en communication en continu ; l’ado ‘pique une colère’ lorsque vous lui enlevez l’accès

Voici quelques suggestions pour aider votre ado :

  • fixer à l’avance des limites de temps claires (utiliser la minuterie de la cuisinière !)
  • sortir le téléphone (et les écrans) de la chambre
  • organiser des pauses
  • discuter avec votre ado de ses priorités et intérêts
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