Horizons

Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

L’Afrique désunie aux Nations Unies : quelles chances pour succéder à António Guterres ?
Charlie Mballa
/ Catégories: Politique, Chroniques

L’Afrique désunie aux Nations Unies : quelles chances pour succéder à António Guterres ?

Alors qu’on s’achemine lentement mais sûrement vers la fin de l’année, date à laquelle l’actuel secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) terminera son deuxième mandat, les candidats pour lui succéder le 1er janvier 2027 s’activent.

Sur la liste, les noms plus connus se confondent avec les moins connus : la Chilienne Michelle Bachelet et le Sénégalais Macky Sall, tous deux anciens chefs d’État, l'Équatorienne María Fernanda Espinosa, l'Argentin Rafael Grossi, la Costaricienne Rebeca Grynspan, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le nouvel aspirant, l'Ougandais Olara Otunnu.

Si Macky Sall se prévaut d’avoir dirigé l’Union africaine en 2022-2023 et Olara Otunnu se présente comme ancien secrétaire général adjoint de l’ONU et représentant spécial pour le sort des enfants en temps de conflit armé entre 1997 et 2005, sous Kofi Annan, les deux candidatures partagent des menaces communes.

En effet, elles sont toutes portées par des hommes. Bien qu’aucune règle ne l’exige, le choix d’une femme semble être le signe des temps voulu par certains, en rupture avec huit décennies de leadership masculin.

Surtout, elles sont toutes désavantagées par l’argument géographique. Arithmétiquement parlant, quatre des sept candidats sont des femmes et d'Amérique latine, région à laquelle le poste pourrait probablement aller, presque 45 ans après le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar, si la tradition de rotation géographique, certes informelle, se maintenait.

Autant les candidats africains sont de « grosses pointures », autant des cailloux rendent leurs chaussures peu confortables, et donc difficiles à porter.

Deux candidatures ne sont pas sans nuire au plus grand bloc régional de l’ONU (54 voix !), lequel reste pourtant une puissance moyenne, qui a donc besoin d’alliance pour pallier l’asymétrie de pouvoir, en présentant une candidature consensuelle.

Par ailleurs, l’Afrique a déjà été représentée à ce poste à travers l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali et le Ghanéen Kofi Annan, respectivement 6e et 7e titulaire du poste.

Si l’on ajoute à la liste une fin de mandat politiquement tumultueuse au Sénégal et un quasi-désaveu officiel de son gouvernement, lequel tarda à appuyer sa candidature, on pourrait se demander comment la candidature de Macky Sall pourrait être gérée par l’opinion internationale, sans nuire à celle d’Olara Otunnu. L’avenir le dira…

Déjà, un premier test peu banal a eu lieu le 30 juillet 2026, présageant la couleur soit de peau, soit du drapeau du futur secrétaire général, à laquelle il faudra associer la « fumée blanche » qui sortira du conclave officiel du Conseil de sécurité.

Après le jeu de questions-réponses auquel ses membres se sont livrés avec les six premiers candidats le 23 juillet, suivi du premier scrutin indicatif organisé au Conseil de sécurité, Macky Sall n’a obtenu que six votes favorables sur quinze, le plaçant loin derrière les autres concurrents et révélant la Costaricaine Rebeca Grynspan comme favorite.

Rien n’est pour autant joué. Pourvoir le poste du plus haut fonctionnaire international fait, certes, partie de la politique étrangère, mais les clés de sa sélection en font une étrange politique.

Imprimer
53 Noter cet article:
Pas de note

Charlie MballaCharlie Mballa

Textes par Charlie Mballa
Contacter l'auteur

Contacter l'auteur

x

Titres

RSS
Première123457910