Ça torche !
Puissante et impressionnante, cette collection d’expressions et de mots québécois dépasse toutes les attentes.
Jean-François est un homme aux multiples facettes. Il a attrapé la piqûre pour une nouvelle activité et le voilà passionné. Vraiment crinqué, il est très motivé à agir. Tenant le gros bout du bâton, il sait mettre ses talents à profit.
Il clenche ses tâches en les accomplissant rapidement. Courant à la fine épouvante, il se presse comme si le temps lui manquait.
Il répugne à se pogner la beigne, à paresser. Il ne pigrasse jamais. Il reste toujours actif. N’ayant pas les deux pieds dans la même bottine, il fait preuve de débrouillardise.
Et même s’il pète parfois de la broue, s’il se vante pour se mettre en valeur, il tâche de ne pas faire le jars, de ne pas se donner des airs importants. Il toffe toujours, il tient le coup, même quand la journée s’étire.
Cela dit, quand il sort sa cassette, il répète à ses collègues les mêmes arguments prévisibles et ennuyeux. Il bardasse, rouspète, pour faire connaître son mécontentement. Il fait du train, sème le vacarme autour de lui. On le rappelle à l’ordre : « Pousse, mais pousse égal. » N’exagère pas.
Et bien qu’il se garde une petite gêne, qu’il fasse preuve de réserve ou de discrétion, il ne veut surtout pas qu’on le gosse, qu’on l’énerve. Perdant la carte, la tête, il a les oreilles dans le crin, il montre son irritabilité.
Entre-temps, s’enfargeant dans les fleurs du tapis, il a tendance à se compliquer la vie pour des broutilles. Mélangé ben raide, il devient même désorganisé et confus. Jouant à la belle-mère, il intervient là où on ne l’a pas invité. Se mettant le bras dans le tordeur, il s’embourbe dans des situations complexes et incontrôlables dont il aimerait bien se sortir.
S’il pouvait seulement éviter de faire tout un chiard pour rien, d’en faire toute une histoire. Il lui faut virer sur un dix cennes, s’adapter aussitôt à la réalité.
Dans les moments de faiblesse, il se tient le corps raide et les oreilles molles, il accepte docilement ce qu’on lui impose. Il se fait trop souvent varloper, critiquer durement. Un peu naïf, il se fait prendre pour une valise.
D’ailleurs, quand il s’en fait passer une petite vite, on le trompe habilement. Quand il se fait serrer les ouïes, on le gronde. Et quand il en prend pour son rhume, il se fait dire ses quatre vérités. En le bâdrant, on le met mal à l’aise. Et tout ça le débobine, le décourage.
Tout compte fait, même s’il ne se mouche pas avec des pelures d’oignon, qu’il dispose de bons moyens financiers, il est né pour un petit pain, il se contente de mener une vie modeste. Ne jetant pas les choux gras, il ne se débarrasse pas de ce qui pourrait encore très bien lui servir.
Chaque jour, on lui brasse la cage en le poussant à sortir de sa zone de confort. D’abord, il s’aplombe tranquillement pour retrouver son équilibre. Puis il se r’vire de bord, il change de direction. Petit train va loin, il avance lentement mais sûrement.
Et quand il est lancé, ça torche !