Horizons

Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Un pas de plus vers la nouvelle école de Saskatoon

Après plusieurs années d’attente, le gouvernement de la Saskatchewan a officiellement confirmé, le 4 juin, l’emplacement de la future école francophone de Saskatoon. Si le chantier n’a pas encore commencé, le nouvel établissement sera construit dans le quartier résidentiel de Kensington.

L’annonce marque une étape importante pour la communauté fransaskoise, même si plusieurs années devront encore s’écouler avant l’ouverture de l’école.

« C’était une annonce attendue », réagit Monique Ramage, députée communautaire à l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) de Saskatoon.

« On ne verra pas d’école physique avant probablement un couple d’années, mais au moins ça avance dans la bonne direction. »

Selon le Conseil des écoles fransaskoises (CÉF), la future école élémentaire pourra accueillir jusqu’à 400 élèves.

Le projet comprendra également un centre éducatif à la petite enfance de 51 places ainsi que des espaces communautaires.

Geneviève Binette, présidente du Conseil scolaire fransaskois (CSF), avait préparé un discours pour l’occasion, qualifiant le projet d’« avancée historique pour le système éducatif fransaskois en pleine croissance avec des besoins en infrastructures criants ».

Un quartier en pleine expansion

Le choix du quartier Kensington semble faire consensus : « Il y a beaucoup de jeunes familles dans cet endroit », souligne Monique Ramage, qui a vu le secteur se transformer au cours des dernières années.

Même son de cloche du côté de Mathieu Rima, directeur de la Fédération des francophones de Saskatoon (FFS).

« C’est un nouveau quartier, il y a des parcs et une école autochtone juste à côté. Je pense que c’est le bon choix pour les nouveaux arrivants et les jeunes familles », estime-t-il.

Présent aux côtés d’autres Fransaskois lors de l’annonce, Mathieu Rima constate l’enthousiasme ambiant : « C’est quand même pas rien une nouvelle école francophone à Saskatoon ! »

Un financement en attente

Malgré l’optimisme entourant l’annonce, le chantier n’a pas encore officiellement commencé.

Le directeur général du CÉF, Ronald Ajavon, précise que l’événement du 4 juin visait ainsi avant tout à confirmer le choix du terrain.

« Nous avons un terrain qui a été transféré au CÉF, les démarches ont été effectuées avec la Ville de Saskatoon, un architecte a été embauché, les premiers plans ont commencé. Le projet avance », assure-t-il.

L’architecte retenu est Louis Aussant, un francophone de Gravelbourg, employé de la firme AODBT.

Selon Ronald Ajavon, des plans préliminaires ont déjà été élaborés et font actuellement l’objet de consultations auprès de parents et d’organismes communautaires.

De son côté, le ministre de SaskBuilds et de l’Approvisionnement, Sean Wilson, confirme que le projet en est encore à l’étape de conception.

Si la mise en chantier tarde, c’est que le CÉF est en attente de la part fédérale du financement.

En effet, la Province a déjà accordé deux millions de dollars pour l’école de Saskatoon, mais le conseil scolaire en attend dix de plus d’Ottawa.

Une date d’ouverture incertaine

« Si nous n’avons pas de réponse du fédéral, notre date cible d’ouverture pour septembre 2028 risque d’être compromise », prévient Ronald Ajavon, qui demeure confiant et espère une réponse avant la fin de l’été.

Les délais ravivent toutefois les préoccupations de certains parents.

Dans un communiqué, le Collectif des parents inquiets et préoccupés (CPIP) rappelle que la Saskatchewan s’était engagée en 2019 à construire trois nouvelles écoles francophones à Regina, Saskatoon et Prince Albert dans un délai d’environ six ans.

Or, à ce jour, seule l’École du Parc de Regina a ouvert ses portes.

Le collectif accueille favorablement l’avancement du projet de Saskatoon, mais invite la communauté à demeurer vigilante quant au respect des échéanciers.

« Les parents de Saskatoon devraient suivre de près l’avancement des travaux », soutient le CPIP qui craint de nouveaux retards.

Les familles francophones de Saskatoon devront donc encore faire preuve de patience.

« Nos deux écoles sont pleines à craquer, rappelle Monique Ramage. La communauté est plus que patiente. Et il va falloir qu’on patiente encore. »

Jean de Dieu Ndayahundwa, représentant du CPIP, ne manque pas d’ajouter : « Pendant ce temps, les parents n’ont pas d’autres choix que d’inscrire leurs enfants dans les écoles d’immersion française. »

Si les prochaines étapes se déroulent comme prévu et que le financement fédéral est confirmé, la nouvelle école francophone pourrait accueillir ses premiers élèves à la rentrée de septembre 2028.

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