Le jazz célébré par les Fransaskois de Regina
Du 17 au 22 juin s’est tenu le Festival de jazz de Regina, un événement annuel qui fait la promotion de la musique jazz dans toutes ses formes. Cette année, la fransaskoisie de Regina s’est mise au diapason en proposant une scène de spectacle animée par plusieurs musiciens francophones de talent.
La 18e édition du Festival de jazz de Regina a présenté au public réginois un éventail de groupes musicaux locaux de jazz.
Cette année, la Société de jazz de Regina a offert une programmation gratuite en plus de celle payante afin de rendre le festival plus accessible.
« À l’avenir, on envisage un festival d’une semaine avec des stage shows en plus de performances en soirée plus privées où le public aura la chance de socialiser avec les musiciens », indique Peter Champagne, porte-parole et président de la Société de Jazz de Regina.
Les fameux « stage shows » se sont tenus cette fois au parc Victoria du centre-ville de jeudi à samedi en journée et ont proposé, entre autres, des groupes comme Ron Scott Duo, Soirée et Dog River Band.
Les spectacles payants en soirée se sont tenus de mercredi à lundi. Les groupes Terraplane et Pile O’Bones ainsi que les invités spéciaux François Bourassa Quartet, Jason Marsalis Quartet et Kristin Korb Trio ont rempli les sièges du Bistro du Carrefour des plaines, le centre communautaire de l’Association communautaire fransaskoise de Regina (ACFR), et de The Exchange.
Les multiples visages du jazz
« Le jazz, c'est la spontanéité, l'improvisation, la complicité avec les musiciens, la liberté et le rythme », affirme avec passion le Québécois François Bourassa, récipiendaire du prix Juno et visage du quartet qui s’est produit au Bistro dans le cadre d’un jazz brunch de fête des Pères.
Ce dernier n’est pas le seul à reconnaître la complexité du jazz : « On pourrait écrire des livres et des livres sur le jazz et on n’en gratterait que la surface », avance Joel Lareau, tromboniste du groupe jazz acoustique de Regina, Pile O’ Bones. « Le jazz, c’est créer et improviser. C’est sortir de la structure. »
Le trompettiste fransaskois Cheney Lambert, qui joue à la fois dans le groupe Pile O’ Bones et dans le groupe Terraplane, illustre bien la diversité du jazz.
« Pile O’ Bones, c’est un groupe de musique party à La Nouvelle-Orléans, ce qu’on verrait dans des parades du second line, comme on dit en bon français. C’est acoustique parce qu'on a des instruments de cuivre, trompette, saxophone baryton, trombone et sousaphone. »
Cheney Lambert apporte une nuance : « Terraplane, c'est du jazz, mais peut-être de blues aussi. On ne peut pas avoir du blues sans jazz et on ne peut pas avoir de jazz sans blues, les deux sont interconnectés. »
Cette diversité permet aux musiciens qui jouent des instruments moins connus de trouver une place sur la scène.
Pour Joel Lareau, qui joue régulièrement à côté de Cheney Lambert au sein de Pile O’ Bones, le jazz est incontournable pour les trombonistes.
« Le jazz est un choix idéal pour nous. Il y a peut-être des groupes de pop des années 1980 avec des solos de trombone, mais c’est rare. »
Cheney Lambert admet des débuts similaires : « J'ai vraiment accroché au style de musique en partie parce que je suis trompettiste et le jazz se donne très bien pour les joueurs de trompette. J'aime bien les harmonies qu'on peut travailler dans un groupe. »
La relève
Le jazz brunch du 20 juin a présenté au public réginois le musicien québécois renommé François Bourassa mais aussi la prochaine génération d’artistes jazz.
Le groupe Diaphorèse, groupe scolaire du Pavillon secondaire des Quatre-Vents de Regina, promeut la musique jazz auprès des jeunes.
Le jeune groupe s’est présenté en première partie avec des chansons d’acid jazz et de Japanese jazz fusion. Deux chanteuses fransaskoises les ont accompagnés : Brooke Goebel et Mariam Nayeb.
« Je suis métisse noire et blanche, et comme le jazz est important dans la culture noire, au moins en Amérique du Nord, cette histoire fait partie de ma culture », exprime Brooke Goebel.
Mariam Nayeb est attirée par l’authenticité du genre : « Ce sont les instruments pour moi. Plusieurs genres de musique utilisent maintenant plus de synthétiseurs que des vrais instruments. Et le jazz, c'est un des seuls genres qui continuent à utiliser de vrais instruments. »
S’il y a une chose que François Bourassa a apprise pendant ses trente ans de quartet, c’est que le jazz ne se trouve pas souvent dans le haut de la liste des genres de musique préférés. Malgré tout, il vaut la peine d’être expérimenté.
« Parce que la musique est tellement spontanée et énergique, c'est bien de voir les musiciens live. Sur un disque, c'est moins accessible. Voir la complicité des musiciens dans un club ou dans une petite salle… C’est incroyable. »
Bien que le Festival de jazz de Regina ait lieu une fois par an au mois de juin, la Société de jazz de Regina organise des spectacles tout au long de l’année. Plus de renseignements sur le site web.