Simon Garez remporte le prix de l’Artiste émergent en médias de SK Arts
Le 25 mai s’est tenu The Arts of Celebration de SK Arts, un événement qui met à l’honneur les disciplines artistiques telles que les arts visuels, la danse, ou encore la littérature. Cette année, c’est le Fransaskois Simon Garez qui a remporté le prix de l’Artiste émergent en médias.
Félicitations pour votre prix ! Qu’est-ce que cette récompense signifie pour vous ?
Je suis très reconnaissant parce que SK Arts a un système démocratique de vote pour ses prix donc ce sont des gens que je ne connais même pas qui ont voté pour moi.
Je trouve ça important et très encourageant. Je travaille très dur sur mes films et parfois j'ai l'impression que je travaille un peu dans le vide, alors ça me motive à continuer.
Vous avez plusieurs courts métrages à votre actif. Comment définiriez-vous un artiste « émergent » ?
C'est une bonne question. Je crois que, dans le cinéma, si quelqu’un a fait un long métrage, il n'est plus émergent. Et s’il a fait plein de courts métrages non plus.
Je dirais que je suis vers la fin d'être émergent ! C'est comme terminer le high school, c'est un peu nostalgique.
Être un artiste émergent te permet de te découvrir en créant. Une fois qu’on est un artiste établi, les gens ont plus d’attentes et ça change la dynamique.
Y a-t-il justement un long métrage à l’horizon ?
Oui, je prépare mon premier long métrage ! Ça fait un moment que je le développe. Je l'écris lentement et un peu on and off depuis plusieurs années.
Le titre, c'est Le pays de la poussière. C'est à propos d'un francophone en Saskatchewan qui traverse la province à vélo. C'est inspiré de moi-même. Je mélange la fiction avec la réalité comme ce que j'ai fait avec mon deuxième court métrage Un paradis pour les abeilles, sur l'apiculture.
Est-ce que le format long métrage va remplacer les courts métrages dans votre pratique ?
C'est souvent le cas : beaucoup de cinéastes, une fois qu'ils font un long métrage, laissent tomber le court métrage. Mais j’espère retourner aux courts métrages dans le futur. Je ne les vois pas comme un marchepied vers le long métrage, mais comme une forme d’art propre.
Qu’est-ce qui inspire vos films ?
À vrai dire, c'est la Saskatchewan. Mes films se basent sur ce que j’observe autour de moi.
Comme mon dernier court métrage Notes d’un poète, que j’ai tourné à Saskatoon, au parc Meewasin. Le personnage principal fait du vélo le long de la rivière où il y a de super belles prises de vue de Saskatoon, c’est quelque chose que je fais moi-même.
Dans mon court métrage Torch Narrows, qui raconte l'histoire de deux amis d'enfance, dont l’un est Autochtone, j’explore la dynamique entre eux avec le temps et la maturité, basé sur les amitiés que je voyais à Nipawin en grandissant. Par exemple, ils font beaucoup de pêche ensemble, ce qui est un truc très typique de Nipawin.
Je dois noter que l’acteur autochtone dans le film, Danny Knight, a aussi remporté un prix de SK Arts en 2026 : celui d’Artiste professionnel établi en médias.
Croyez-vous avoir forgé une relation encore plus forte avec la Saskatchewan grâce à vos films ?
Oui, absolument ! Quand j'étais jeune, je ne connaissais presque rien du monde en dehors de Nipawin.
Je suis parti à Vancouver pendant cinq ans pour faire mes études en théâtre à l’Université Simon Fraser. Maintenant que je suis de retour, je suis moins passif et je recherche ce que la Saskatchewan a à offrir d'un point de vue cinématographique, au lieu d'attendre que la province vienne à moi.
Vous êtes aussi apiculteur. De quelle façon les abeilles influencent-elles votre art ?
Mon père et moi, on s’occupe des abeilles ensemble. Ça fait plus de 40 ans qu'il travaille avec les abeilles.
Les abeilles influencent non seulement mon travail avec les films, mais ma personne aussi. Il faut être extrêmement gentil et sensible avec les abeilles. Il faut observer, écouter, être patient. Ça m’a donné beaucoup de discipline et de douceur. Et c'est exactement comme ça que j'essaie de créer des films.
Je suis fier d’annoncer que mon court métrage Un paradis pour les abeilles sera bientôt disponible en ligne sur TFO.