Actualité littéraire

Leanne Tremblay
/ Catégories: Arts et culture, Arts visuels

Gabrielle Dufresne et la magie des marionnettes

Captivée par la magie des marionnettes depuis son enfance, la Fransaskoise Gabrielle Dufresne s’est fait connaître pour avoir pleinement intégré les marionnettes dans sa pratique du théâtre. Des outils qu’elle manie aussi bien sur scène que dans la salle de classe.

Gabrielle Dufresne est une fervente ambassadrice de l’art de la marionnette en Saskatchewan, elle qui est tombée amoureuse de la discipline dès l’enfance.

« Quand j’étais jeune, j’avais des petites marionnettes à doigts, et mes parents m’ont fait des marionnettes à fils. J’avais toujours un intérêt à raconter des histoires, créer des personnages et faire bouger des jouets », relate-t-elle.

Comme la plupart des enfants qui grandissent, la résidente de Saskatoon a ensuite rangé les marionnettes, et il faudra attendre jusqu’en 2017 pour qu’elle les ressorte du placard.

C’est grâce à Denis Rouleau, ancien directeur artistique de la Troupe du Jour de Saskatoon, que l’artiste de théâtre a saisi une occasion qui a changé le cours de sa carrière.  

« Denis m'avait contactée pour participer à une semaine de création pour la pièce de David Beaudemont, Les trois points de Tryo. On a travaillé ce nouveau texte avec Isabelle Payant, metteuse en scène et super marionnettiste de Montréal. C'était vraiment chouette de jouer, créer, dessiner et composer des chansons ensemble. »

Et, pour clôturer l’expérience, une heureuse surprise : « Après ce temps de création, on m’a demandé d’être une des trois interprètes ! C'était mon premier spectacle de marionnette et j'ai vraiment adoré. Ça m'a éveillée à une autre facette, à tout un univers. » 

De la magie dans l’air

Diplômée de théâtre à l’Université de Regina et au Conservatoire royal de l’Écosse, Gabrielle Dufresne a trouvé dans la marionnette une autre manière de jouer un rôle.

« Une artiste de théâtre porte plusieurs chapeaux mais c’est la performance que j’aime le plus. Ce que j'apprécie avec la marionnette, c'est qu'on fait vivre quelque chose d'autre. Soudainement, ce n’est plus moi sur la scène : il y a quelque chose de vraiment magique à faire disparaître le corps du marionnettiste. »

Dans le monde la marionnette, plusieurs styles coexistent. Après une formation suivie à Calgary en 2017, Gabrielle, elle, a opté pour la marionnette d’ombre.

« Le théâtre d'ombres, c'est ce doux mélange d'art et de science, explique-t-elle. C’est incroyable d’utiliser de la lumière. On a la lumière depuis qu'on a le feu, donc on a les ombres depuis le début des temps. »

L’artiste multidisciplinaire travaille surtout avec les rétroprojecteurs, une approche qu’elle tire d’un atelier animé par la marionnettiste montréalaise Marcelle Hudon à Moncton pour l'École nationale du théâtre et l'Association des théâtres francophones du Canada.

« J'aime beaucoup explorer cet univers-là qui est complètement différent de ce que je fais d'habitude. J’aime aussi le fait que ce soit pour tous les âges. »

Transmettre la passion

Si la marionnette n’est pas aussi présente en Saskatchewan que dans d’autres provinces au pays, le Wide Open Children’s Theatre de Saskatoon, spécialisé en la matière, a malgré tout écoulé tous ses abonnements saisonniers pour 2025-2026.

« On n’est pas une aussi grande communauté de marionnettistes que dans l’Est au Québec, ou même en Amérique du Sud, reconnaît Gabrielle Dufresne, mais on a le super Wide Open Children’s Theatre avec Christie Lord qui fait beaucoup de pièces basées sur les textes de Robert Munch avec les marionnettes à gueule, le style des Muppets. »

L’artiste de Saskatoon est même devenue éducatrice de marionnette. Ce printemps, elle a animé plusieurs ateliers bilingues avec LIVE Arts de SK Arts à l’école élémentaire de Lumsden en plus d’un atelier pour la fête des Mères avec l’Association des parents fransaskois (APF).

« Pour commencer, j’aime superposer des objets sur le rétroprojecteur et demander aux élèves ce qu'ils voient pour faire démarrer leur imagination. Par exemple, si je mets la lumière sur une plante, on peut voir une araignée ou l’œil géant d’un monstre fantastique. »

La Fransaskoise valorise la liberté d’expression et voit dans ses instruments de travail une façon d’encourager les jeunes à dépasser leurs peurs.

« La marionnette permet d'ouvrir des portes pour des élèves qui ont moins confiance à être debout tout seul sur scène et faire un monologue par exemple. Avec des marionnettes, ils peuvent se concentrer sur les mouvements et regarder seulement la marionnette plutôt que le public. »

Surtout, l’art de la marionnette serait plus accessible qu’il n’y paraît selon la spécialiste.

« Vous pouvez bricoler les marionnettes avec n'importe quoi et raconter toutes sortes d'histoires, même avec une marionnette aussi simple qu'un ballon rouge avec trois points noirs collés dessus. »

Les amateurs pourront ainsi relever le défi lancé par la passionnée : « Retrouvez-vous un petit coin de votre enfance en créant votre propre marionnette pour vous amuser ! »

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