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Que des vagues : l’Arctique inspire le nouveau single d’Anique Granger
Leanne Tremblay
/ Catégories: Arts et culture, Musique

Que des vagues : l’Arctique inspire le nouveau single d’Anique Granger

Le 28 mai est sorti le nouveau single Que des vagues d’Anique Granger. L’autrice-compositrice-interprète fransaskoise installée à Montréal s’inspire d’une expérience inoubliable dans l’Arctique où elle a été le témoin privilégié de la beauté et de la fragilité du Grand Nord. Bien que le titre soit né d’une autoréflexion, l’artiste espère inspirer les autres à faire des « petits gestes » pour ralentir les changements climatiques.

Parlez-nous des origines de ce nouveau titre.

C'est une chanson que je travaille depuis longtemps. En 2017, j'ai fait un voyage dans l'océan Arctique sur un brise-glace dans le Passage du Nord-Ouest. J'étais artiste en résidence sur ce bateau. C'était vraiment un voyage de fou.

J'ai vu l’océan Arctique et ses paysages, j'ai marché sur des glaciers, alors qu'il y avait des scientifiques sur le bateau. J'ai vraiment pris conscience de la fragilité de ce paysage-là.

Sur le bateau, je partageais ma cabine avec l’artiste visuelle Leslie Reed. Quelques années plus tard, je suis allée voir son exposition des images inspirées par cette expérience. Assise dans cette galerie avec ses œuvres autour de moi, j'ai écrit le texte de Que des vagues.

La nature est omniprésente dans la chanson.

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Anique Granger réfléchit à ses « petits gestes » pour ralentir les changements climatiques. Crédit : Anique Granger

En chanson, on ne peut pas s'empêcher de voir comment je me sens, ce sentiment d'impuissance que j'ai souvent vis-à-vis du changement climatique. C'est tellement gros…

Qu'est-ce que je peux y faire ? Est-ce que c'est trop gros pour moi ? Et, en fin de compte, est-ce que mes petits gestes comptent vraiment ?

À la fin de la chanson, j’essaie de donner une lueur d'espoir. Réaliser que oui, je peux faire des petits gestes, mais l'océan est immense. C’est un mixed feeling d'espoir et de futilité.

Vous parlez d’un colibri dans la chanson, mais il n’y en a pas dans l’Arctique, si ?

Oh non, pas du tout. C'est moi dans la chanson, le colibri !

Je raconte une légende d’un feu de forêt : la forêt est en train de brûler et les animaux s'enfuient. Mais là, ils voient le petit colibri aller à la rivière et prendre une goutte d'eau dans son bec, puis cracher ça sur le feu. Le colibri continue, une goutte à la fois.

Puis les animaux disent au colibri : « Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne vas jamais réussir à éteindre le feu. » Et le colibri répond : « Je fais ce que je peux. »

C’est une histoire que j'ai toujours adorée. Je veux être ce colibri.

Avec cette chanson, espérez-vous inciter vos auditeurs à accomplir de petits gestes pour l’environnement ?

L'image forte de la chanson, c'est celle du colibri, de cette lueur que j’essaie de garder. Alors, oui, peut-être quelque part.

Les petits gestes pour moi, c’est mon jardin, consommer de la nourriture locale, prendre soin des aliments, planter des fleurs pour attirer les pollinisateurs. C'est porter attention à la nature autour, apprendre à l'aimer, à l’observer…

Parlez-nous de la conception de la pochette de la chanson.

J'avais vraiment une idée précise de ce que je voulais et Hannah de Hannah Alex Photography, qui est aussi de la Saskatchewan, l’a réalisée.

Toutes les images contribuent à ce que j’imagine d’un genre de bol de poisson qui représente un petit écosystème fragile. Mais il y a comme une espèce de flou qui est une barrière.

Vous avez commencé avec la composition des paroles. Est-ce votre façon de faire habituelle ?

Le texte est arrivé pas mal vite, puis la musique a pris plus longtemps. C’est intéressant parce que j'écris toujours à la guitare acoustique, puis c'est tout ensemble. Je m'assois, j'ai du papier, j'ai ma guitare, puis j'écris une chanson.

Je vais lancer un EP de trois ou quatre chansons en automne. Pour ce projet, je voulais me donner l'exercice d'écrire autrement, de ne pas écrire avec la guitare comme d’habitude, mais d'essayer de briser un pattern.

Je suis en train d'apprendre les outils de production de musique assistée par ordinateur, alors toutes les chansons ont été programmées, arrangées et mixées par moi.

C'est excitant mais ça fait un peu peur de lancer quelque chose que j'ai fait complètement moi-même.

Vous ne sortez pas des albums très fréquemment.

L'industrie musicale nous met de la pression pour qu'on sorte un album chaque année. C'est un rythme qui est difficile à soutenir. Moi, je fais les choses quand je sens le besoin de les faire.

J'ai aussi un autre projet, Prairie Comeau. Mon chum et moi, on réarrange des vieilles chansons. C'est vraiment quelque chose de doux, plaisant et fun. On ne compose pas nécessairement. Ça fait du bien, ça me permet de faire des spectacles. On a aussi un EP qui sort bientôt.

Rendez-vous sur le site web de l’artiste Anique Granger pour écouter son nouveau titre Que des vagues.

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