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Alimentation et ère numérique : quel équilibre pour une bonne santé ?

Un bon départ pour vivre pleinement en santé en français, tel était le thème retenu pour l’édition 2026 du Forum Santé tenue les 29 et 30 mai derniers à Saskatoon. L’événement, organisé par le Réseau Santé en français de la Saskatchewan, a offert pratiques gagnantes et nouvelles dispositions pour un accès optimal des patients aux soins de santé en français.

Lors de sa présentation Nutrition et diététique, des alliées pour une vie en santé, Isabelle Giroux, l’une des intervenantes du forum, a montré que la nutrition et l’alimentation sont fondamentales à la fois pour la santé physique et la santé mentale.

La diététiste professionnelle insiste : « C’est vraiment important de commencer avec les tout-petits et leurs familles pour les aider à faire des choix alimentaires sains. Cela permet aux enfants de grandir en découvrant une variété d’aliments utiles pour leur développement et aussi pour leur succès scolaire. »

Selon la professeure titulaire de nutrition à l’Université d’Ottawa, les organismes communautaires, les institutions académiques, les associations de parents et le gouvernement gagneraient à collaborer pour établir des programmes tels que des cuisines collectives.

Les recherches sur le sujet ont prouvé qu’une telle initiative outillerait les jeunes afin qu’ils soient plus critiques vis-à-vis de certains messages et contenus sur les médias sociaux, note l’experte.

L’enjeu serait encore plus sensible au sein des communautés francophones en situation minoritaire qui n’ont pas toujours accès aux services éducatifs et de santé dans leur langue de préférence.

« Une grande proportion des membres de ces communautés font face aux défis de nutrition liés à l’alimentation et à la santé, avec un plus grand risque de développer le diabète de type 2 par exemple », soutient la professeure.

Le poids de l’ère numérique

La Société canadienne de pédiatrie recommande de limiter ou d'éviter l'usage des écrans récréatifs pour protéger le développement cognitif, la santé physique et le bien-être émotionnel des enfants.

Pour souligner le poids de cette régulation, Émilie Albert, directrice des communications de l’organisme Parents partenaires en éducation, a rappelé une donnée statistique importante pour les Franco-Canadiens.

« Selon une récente étude faite par Santé Canada sur des populations de jeunes en 2019 et 2023, ceux qui avaient respecté le temps d’écran avaient une santé mentale de meilleure qualité que ceux qui ne l’avaient pas respecté. »

Par ailleurs, l’experte en petite enfance estime que les parents devraient s’interroger davantage sur la place qu’occupent les appareils électroniques dans la vie de leurs enfants.

« Ça ne se résume pas uniquement à réguler le temps passé devant l’écran, prévient-elle, il s’agit d’aller voir quelle place, quel moment de la vie de l’enfant l’écran vient arracher. »

Chaque enfant présentant des besoins différents, « on devrait réfléchir à comment intégrer les gadgets numériques et l’intelligence artificielle » pour trouver des solutions plus adaptées, résume Émilie Albert.  

Le défi linguistique

Les communautés francophones ont souvent un accès restreint aux soins de santé en français, et la Fransaskoise Dominique Alimezelli, infirmière autorisée auprès des hôpitaux publics, a illustré ce point.

« Actuellement, il n’y a pas de poste qui requière de parler français pour exercer la profession, c’est de manière accidentelle que je me retrouve à offrir des soins de santé aux francophones », indique-t-elle.

Selon l’infirmière, ce ne sont que les services de traductions qui sont offerts aux francophones.

« En tant que patient, avoir un traducteur c’est bien, mais avoir affaire à un professionnel de santé qui s’exprime en français c’est encore mieux », avance-t-elle.

D’après Alana Ross, ministre responsable des Affaires francophones du gouvernement de la Saskatchewan, présente lors du forum, un travail de traduction est en cours en collaboration avec le fédéral.

« Pour ceux qui ne peuvent s’exprimer en anglais, il leur est offert un service de traduction lors de leur consultation médicale afin d’obtenir les soins appropriés », a indiqué la ministre.

La responsable politique a ajouté que les francophones pouvaient bénéficier d’un travail de traduction sur les services de santé dans la province sur le site Tao Tel-Aide, « permettant ainsi aux francophones d’avoir accès aux informations de notre système de santé en français ».

Si des efforts sont faits, il reste encore du chemin avant que les Fransaskois puissent vivre pleinement leur santé en français.

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