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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Quand le plastique devient art
Éveline Boudreau
/ Catégories: Arts et culture

Quand le plastique devient art

Et si le plastique recyclé n’était pas un matériau vulgaire ? C’est en tout cas ce qui inspire le duo albertain Sans façon, créateur de trois installations apparues au mois de juin à Saskatoon. Inspirées directement de la nature, les œuvres Modern Erratics donnent à voir un art chargé de messages.

Inspirée par des rochers erratiques glaciaux, Modern Erratics est une collection de trois pièces, présentées en trois lieux différents à Saskatoon.

La première, exposée au Forestry Farm Park, est fabriquée à partir de sacs en plastique recyclé noir et blanc couramment utilisés dans les fermes des Prairies.

La deuxième œuvre est située au parc Diefenbaker, près du stationnement d'Optimist Hill. Elle se compose de capsules de bouteilles colorées et recyclées, des matériaux couramment jetés dans les parcs.

Enfin, la troisième œuvre est installée au Centre de dépôt d'ordures, au 42 Valley Road. Il s’agit du plus gros rocher, construit à partir de poubelles noires, bleues et vertes désaffectées, déchiquetées, autrefois utilisées par les foyers de toute la ville.

Une invitation à la réflexion

Ces œuvres ont été conçues par le duo Sans façon, originaire de Calgary et composé de l’artiste environnemental Tristan Surtees et de l’architecte Charles Blanc, dont les œuvres circulent dans plusieurs pays.

Après trois années de préparation passées à transformer le plastique en sculptures monumentales, les artistes visent à faire réfléchir sur la responsabilité environnementale et le recyclage.

En géographie et en géologie, un élément erratique se dit d’un fragment rocheux que la fonte des glaciers a déplacé, puis qui a été transporté à une grande distance de sa zone d’origine.

Ces rochers, installés dans le paysage de Saskatoon, sont donc porteurs de messages quant à la valeur des matériaux et du jetable, les politiques et les processus de recyclage, le caractère et l'histoire de l’environnement, les forces qui façonnent la façon de vivre en société.

Tristan Surtees, l’un des concepteurs de l'œuvre, invite les citoyens à dépasser la grille de lecture financière pour s'interroger sur l'empreinte matérielle de la société moderne.

« L'œuvre est une invitation à réfléchir à la Saskatchewan, à ses paysages, aux matériaux que nous utilisons et à la manière dont nous les consommons. »

Et de poursuivre : « Évaluer les choses uniquement sous un angle économique est une option, mais il existe aussi une dimension culturelle et citoyenne. L'accès à ces œuvres est gratuit et ouvert à tous. »  

Des matériaux inédits

L'arrivée du pétrole et du gaz naturel a permis une production de masse mondiale et bon marché. Les plastiques fabriqués à partir de combustibles fossiles ont ainsi révolutionné la société de consommation moderne.

Ainsi, pour la création de ces rochers erratiques, il aura fallu plus de 4 500 kg de plastique post-consommation, tous récupéré dans la région des Prairies.

Ces erratiques modernes sont des versions géométriques des originaux, conçus d'après des numérisations 3D d'erratiques existants et de la Saskatchewan.

Si ces installations attisent la curiosité, elles ont aussi fait sursauter plusieurs personnes, étonnées du coût total du projet estimé à environ 300 000 dollars.

Hommage à Robert Joseph Gareau

Le 3 août, une célébration de vie a été organisée en l’honneur de Robert Joseph Gareau, disparu en mai dernier à 90 ans.  

Originaire de Saint-Isidore-de-Bellevue, Robert Joseph Gareau était connu pour être un auteur, pédagogue, artiste et pilier de la culture fransaskoise.

Il a notamment écrit des romans jeunesse et des recueils de poèmes, réalisé des sculptures sur bois, écrit des pièces de théâtre et enseigné dans les écoles fransaskoises.

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