Un premier Carrefour des professionnels de la petite enfance pour valoriser la profession
Une centaine de professionnels de la petite enfance issus des quatre coins de la Saskatchewan se sont réunis le 22 mai à Regina dans le cadre de la toute première édition du Carrefour des professionnels de la petite enfance. Un événement fédérateur qui vise à renforcer le secteur de la petite enfance en français dans la province.
Organisé par la Coopérative fransaskoise des centres éducatifs à la petite enfance (CFCEPE), l’événement voulait offrir un espace de rencontre, d’échange et de formation aux éducatrices, directions de centres et acteurs communautaires du milieu francophone.
« On l’a appelé Carrefour parce que les gens sont venus de partout pour se rencontrer, explique Loubna Dabet, directrice de la CFCEPE. C’était aussi pour briser l’isolement et valoriser la profession. »
L’événement s’inscrivait dans le cadre du Mois des éducateurs et éducatrices de la petite enfance. Pour Loubna Dabet, il était important de rappeler que ce métier mérite davantage de reconnaissance.
« On est une profession à part entière, c’est aussi pour leur donner confiance, leur donner des outils et leur permettre de réseauter entre elles », insiste la directrice.
Les participants, qui venaient notamment de Regina, Saskatoon, Bellevue, Moose Jaw, ont participé à plusieurs ateliers et conférences portant sur le leadership, la communication et les défis sur le terrain.
Julie Bélanger-Belley, conférencière, a animé un atelier sur le leadership courageux destiné aux gestionnaires et directions de centres.
Selon l’intervenante, plusieurs difficultés dans les milieux de travail viennent du fait que certaines conversations importantes sont évitées.
« Le manque de courage nous coûte plus cher que d’avoir ces conversations difficiles », affirme-t-elle.
L’animatrice croit également que le secteur a besoin d’une relève solide en gestion et en leadership.
« Si on n’a pas de relève qui est équipée pour remplir ces rôles-là, ça va être difficile d’assurer une continuité, dit-elle. Les éducateurs forment les citoyens de demain. Il faut bien encadrer cette profession et la valoriser. »
De multiples défis
De son côté, la conférencière Agathe Tupula Kabola a abordé les réalités émotionnelles vécues par les éducatrices dans leur quotidien.
Sa conférence portait sur la communication, la résilience et l’importance de prendre sa place sans s’épuiser.
« Il y a un manque de ressources, des difficultés de recrutement et parfois de l’épuisement dans les équipes, relate-t-elle. Mais si on améliore la communication entre les milieux de garde, les familles et les ressources communautaires, on va déjà gagner beaucoup. »
Lydie Ahounou, éducatrice au Centre éducatif du parc à Regina depuis 2016, participait à l’événement pour développer ses compétences.
Cette dernière, qui travaille généralement auprès des bébés de 18 à 30 mois, décrit un métier exigeant où les défis au quotidien sont nombreux.
« Le plus grand défi, c’est souvent la communication avec les parents. On veut transmettre des informations importantes, mais parfois les parents ont l’impression qu’on critique leur enfant », rapporte-t-elle.
Même constat du côté d’Amal Yacine, directrice du Centre éducatif du parc. Pour elle, l’un des grands défis en milieu minoritaire demeure le manque de ressources en français.
« Tous les outils avec lesquels on travaille sont en anglais, déplore-t-elle. J’aimerais que les documents et les ressources gouvernementales soient accessibles dans les deux langues officielles. »
La directrice souhaite aussi voir une plus grande implication des parents dans les centres éducatifs.
« J’aimerais que certaines formations soient offertes autant aux parents qu’aux éducatrices. Ça permettrait aux parents de mieux comprendre notre réalité quotidienne. »
Malgré les défis évoqués durant la journée, l’ambiance de ce premier Carrefour est restée chaleureuse et positive, posant les bases d’un rendez-vous appelé à grandir.