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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Entre Saskatoon et Paris, la distance artistique se réduit
Leanne Tremblay

Entre Saskatoon et Paris, la distance artistique se réduit

En janvier, la toute première collaboration entre la galerie d’art Remai Modern de Saskatoon et la Cité internationale des arts de Paris est devenue réalité avec le lancement d’un nouveau programme de résidence qui a reçu trois artistes de la province.

La résidence vise à soutenir le développement des pratiques artistiques et la formation des relations artistiques internationales.

Cette première édition du partenariat a ainsi fait le bonheur des artistes saskatchewanais Gabriela García-Luna, Zachari Logan et Paul Seesequasis.

« Présenter des artistes saskatchewanais et internationaux ensemble suscite des conversations qui ne se feraient jamais autre part. Ça renforce la réputation de Saskatoon comme centre important pour les arts et la culture », se réjouissent Aileen Burns et Johan Lundh, co-directeurs du Remai Modern.

Un gros coup de projecteurs

La Cité internationale des arts de Paris est la plus grande résidence artistique au monde, rassemblant plus de 300 artistes chaque année dans la capitale française.  

« On accueille des artistes du monde entier, de toutes les générations, de toutes les pratiques et dans toute leur diversité », indique Bénédicte Alliot, directrice générale de la Cité.

« Grâce au partenariat avec Remai Modern, on accueille maintenant des artistes de la région des Grandes Prairies », ajoute-t-elle.

En effet, les trois artistes de la Saskatchewan, chacun représentatif d’une facette de l’identité provinciale, seront à Paris pendant trois mois.

« Les artistes nous aident à comprendre le monde, et parfois aussi à comprendre ce qu'on ne voit pas. C'est extraordinaire, ces artistes des Prairies canadiennes qui ont des modes d'expression qui ont toute leur singularité, une singularité qu'on ne retrouve pas autre part », commence la directrice.

S’associer avec une galerie d’art plus modeste n’est pas du tout un problème pour la Cité des arts, bien au contraire.

« Avec le Remai Modern, on va certainement pouvoir accueillir des artistes qui ne sont pas du tout connus encore, du moins du public français. On ressort de tout ça avec une expérience où on est, collectivement, nourri et grandi. »

L’importance de la rencontre

Pour l’artiste visuel et écrivain Zachari Logan, ces opportunités nourrissent son art, alimentant la liste de ses expositions présentées hors de sa province natale.

« Une résidence à l’international permet à un artiste d’élargir ses horizons en étant capable d’explorer et d’établir des liens avec le monde artistique d’ailleurs. Ces interactions sont enrichissantes et inspirantes et provoquent souvent de la collaboration dans le futur », dit-il.

Pour faciliter cette exportation, le Remai Modern accompagne les artistes en leur ouvrant des portes.

« Nous travaillons pour que les artistes saskatchewanais puissent profiter de nos connexions à l’international afin de se sensibiliser au monde artistique hors de leur terrain connu », précisent les co-directeurs Aileen Burns et Johan Lundh.

Bénédicte Alliot abonde en ce sens : « Une résidence à l'international, c'est faire de la place, avoir de la curiosité, mieux connaître le monde. C'est aussi faire en sorte qu'on ne se replie pas sur soi, car se replier sur soi, c'est le début de la fin. »

Paul Seesequasis, écrivain et chercheur cri qui consacre une partie de sa résidence à la recherche de photos d’archives, a même été choisi comme « premier artiste lauréat du programme avec Remai Modern » et fera partie de l’exposition collaborative Les voix se lèvent dès le 15 avril.

Un nouvel horizon

Mackenzy Vida, artiste francophone, envisage sérieusement de participer à ce nouveau programme, se disant prête à s’envoler.

« Le seul studio que je connais, c’est celui de l’Université de Regina, et chez moi. Avec ce programme, il est peut-être temps d’aller ailleurs. Ça va nous aider à développer mon parcours artistique. »

Si elle était retenue, Mackenzy Vida serait la première artiste fransaskoise choisie.

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