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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Sylvie Walker de retour à Granby pour représenter l’Ouest canadien

Sylvie Walker de retour à Granby pour représenter l’Ouest canadien

L’autrice-compositrice-interprète fransaskoise Sylvie Walker aura l’honneur de participer aux demi-finales du prestigieux Festival international de la chanson de Granby, qui se tiendra du 8 au 24 août 2026. Une deuxième chance que l’artiste de Regina compte bien saisir.

Vous aviez remporté le concours Chant’Ouest en 2025, mais vous n’avez pas pu vous rendre à Granby en raison d’un empêchement familial. Que représente cette nouvelle nomination pour vous ?

C’est une deuxième chance. Je suis très reconnaissante qu’ils me laissent revenir. Je suis un peu appréhensive parce que c’est un gros concours, ça représente beaucoup de rencontres, de collaborations, d’apprentissage, d’exploration artistique.

Vous aviez déjà participé au festival en 2013. Quels souvenirs en gardez-vous ?

J’avais 18 ans. J’en garde d’excellents souvenirs, c’était une expérience transformative. Je n’avais aucune idée de ce dans quoi je m’embarquais, j’étais très naïve, je ne comprenais pas vraiment les grandes lignes de l’industrie.

J’y étais allée juste pour faire de la musique et rencontrer du monde, et je me suis fait des amis pour la vie, j’en ai beaucoup appris sur moi-même, sur ce que je fais en musique, sur mes messages.

Comment abordez-vous, treize ans plus tard, cette nouvelle participation ?

Je suis appréhensive, mais je me sens prête. J’ai juste hâte de rencontrer la nouvelle cohorte, travailler avec l’équipe, rencontrer du monde, collaborer, me mettre dans des situations vulnérables pour apprendre. C’est dans les situations inconnues qu’on apprend beaucoup sur soi et ses intentions. J’ai juste hâte d’être vulnérable.

Vous devrez présenter trois chansons sur la scène de Granby. Savez-vous déjà ce que vous allez proposer ?

J’ai une idée mais j’ai aussi des doutes. Je veux juste m’assurer que ce soit représentatif de qui je suis en tant que personne et aussi de mon univers artistique. Je fais l’effort d’être la même personne dans la vie que sur scène, donc je veux que ce soit représentatif de cette authenticité.

Comment définiriez-vous votre univers ?

Je ne suis pas pressée dans la vie. Ça se reflète dans mon univers artistique, j’essaie de prendre mon temps pour déconstruire des sujets et des thèmes qui m’inspirent, qui encouragent l’introspection et la vulnérabilité.

Je recherche un doux contraste entre la pesanteur des sujets et la légèreté dans la façon dont je les aborde. Souvent, les textes vont être un peu lourds, mais j’essaie de faire en sorte que ce soit facile à recevoir.           

Que signifie faire partie de la relève musicale pour vous ?

C’est comme mon identité, c’est qui je suis. C’est tellement important de participer au patrimoine de la culture fransaskoise.

Tout est connecté. Ce que je fais dans la vie, au travail, en musique, mon implication communautaire, tout est interrelié. C’est la façon dont j’existe dans le monde.

Trouvez-vous qu’il y a un élan dans la nouvelle génération des artistes musicaux de l’Ouest canadien ?

Oui. J’ai entendu plusieurs fois dire qu’il y avait quelque chose qu’on mettait dans nos céréales ! Il y a un système de soutien extrêmement bien ancré. Dans l’Ouest, on s’entraide, on s’encourage, on s’appuie.

À quels défis êtes-vous confrontée en tant qu’artiste ?

Ce n’est certainement pas un manque de financement ou d’appui de nos organismes et associations locales. C’est indispensable à notre succès et à notre essor.

Un défi que j’ai remarqué dernièrement, c’est que ça coûte cher de se déplacer pour faire des spectacles et ce n’est pas toujours facile de trouver des musiciens qui parlent français. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. On a tous le même but : créer de l’art, partager.

Percer dans l’est du pays est-il un objectif de carrière pour vous ?

J’étais pas mal plus hardcore dans ma jeunesse pour la représentation des francophones hors Québec, mais il y a eu un gros changement dans la dernière décennie, alors on a moins besoin d’être rebelles.

Cet esprit de rébellion, c’est un peu ce qui nous unit en tant que Canadiens francophones : oui, on existe, on a le droit d’exister, d’avoir une vie en français.

Mon rêve en tant qu’artiste, ce n’est pas de devenir une star. Pour moi, c’est vraiment l’expression, le partage et la vulnérabilité.

Évidemment, ça fait du bien d’être reconnue et valorisée, mais le but n’est pas la gloire. Ce sont les rencontres, le partage et la belle vie.

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Lucas Pilleri – IJL-L’Eau viveGhita Hanane

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