Horizons

Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

L’uniforme militaire, bien plus divers qu’il n’y paraît

L’exposition bilingue Qui porte l’uniforme ? conçue par le Royal United Services Institute de Regina (RUSI-Regina) met en lumière des Saskatchewanais ayant rejoint les Forces armées canadiennes afin de démontrer toute la diversité, notamment linguistique et de genre, qui existe au sein du corps militaire.

Qui porte l’uniforme ? présente dix hommes et femmes qui servent ou ont servi dans les Forces armées canadiennes et qui sont originaires de la Saskatchewan.

En s’appuyant sur des extraits d’entrevues, des photographes et des artéfacts, l’exposition donne à voir des missions à l’étranger ou des opérations nationales, mais aussi à entendre des discussions sur la culture, le genre, la foi, ou encore la santé mentale.

« Lorsque les gens pensent à l’armée, la plupart visualisent des images en noir et blanc et pensent que les anciens combattants ont au moins 80 ans. Mais ceux et celles qui portent l’uniforme se trouvent partout », lance Kelsey Lonie, directrice du RUSI de Regina.

Financé par le Programme de partenariat pour la commémoration d’Anciens Combattants Canada (ACC), le projet est géré par cette historienne spécialiste de l’armée qui tenait à présenter des histoires militaires plus contemporaines, avec des individus bien vivants.

« Les membres des Forces armées sont à côté de vous au supermarché, ce sont des voisins, et je crois qu’ils méritent la même reconnaissance et le même respect aux cérémonies du jour du Souvenir que les anciens combattants des deux Guerres mondiales », exprime-t-elle.

À cet égard, offrir une meilleure représentation des visages derrière l’uniforme constituait pour l’historienne une aubaine.

« J’apprécie de faire rayonner ces histoires importantes. Ça contribue vraiment à mon travail de faire le pont entre le monde militaire et le public. » 

La diversité dans l’armée

« C’était facile de mettre en lumière la diversité du monde militaire en Saskatchewan, relate Kelsey Lonie. Chaque individu à qui j’ai parlé a une histoire unique », indique l’instigatrice du projet qui a réalisé la dizaine d’entretiens.

Parmi les personnes interrogées figure le capitaine Jason Mills, officier et aumônier réserviste avec les Royal Regina Rifles, originaire de l’Ontario.

« L’une des raisons pour lesquelles je voulais m’engager dans l’armée, c’est parce que je voulais m’entourer de gens qui ne fréquentaient pas l’église », confie le militaire.

En fait, l’officier était surtout intéressé par la diversité des individus qui constituent l’armée : « Quelle richesse, quelle merveille apportent ces gens ! Leurs expériences, leurs histoires, les personnes elles-mêmes… »

Les femmes ne sont pas absentes de cette diversité, bien au contraire. On y retrouve entre autres la colonelle Evelyn Kotzer, qui commande le 38e Groupe-brigade du Canada, une Saskatchewanaise originaire de Glenavon.

Les francophones aussi font partie de cette diversité. En témoigne la lieutenante-colonelle Maryse Carmichael qui est la première femme à avoir volé avec les Snowbirds, puis la première femme à les avoir commandés.

« C’est une réussite remarquable », commente l’historienne Kelsey Lonie à son sujet. « Mais je voulais aussi entendre sa réalité en tant que femme et francophone dans l’Aviation royale canadienne. Elle a aimé ça, parler de son identité. »

Maryse Carmichael, Québécoise d’origine, reconnaît elle-même que sa double minorité de femme et de francophone a été une particularité dans son parcours.

« On aurait pensé que cela aurait été plus difficile faisant partie de deux minorités, mais la communauté francophone m’a donné une place », se réjouit la lieutenante-colonelle, aujourd’hui retraitée et établie à Moose Jaw.

Hervé Millette, lui aussi originaire du Québec et résidant en Saskatchewan depuis maintenant cinquante ans, a débuté sa carrière en 1970.

Entre les Forces armées canadiennes, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Corps canadien des commissionnaires, le travailleur acharné a dédié cinq décennies à sa carrière.

« L’armée, c’est une progression. J’ai vécu la plupart de ma carrière militaire dans les missions des Nations Unies en Égypte, à Chypre, en Croatie, à Haïti… Il y a une évolution, et c’est bien de faire connaître ce que l’armée fait en ce moment », estime-t-il.

L’exposition Qui porte l’uniforme ? est disponible jusqu’au 15 mai à la galerie Cumberland de l’Assemblée législative de la Saskatchewan et du 1er juin au 5 septembre au Centre du patrimoine de la Gendarmerie royale du Canada.

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