Horizons

Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

J’ai le TDAH donc je suis plus à risque de devenir accro aux réseaux sociaux ?
Elyse Proulx-Cullen

J’ai le TDAH donc je suis plus à risque de devenir accro aux réseaux sociaux ?

La réponse est oui. Pour bien comprendre, penchons-nous d’abord sur les mécanismes à l’œuvre derrière les plateformes numériques que sont Instagram, Facebook, SnapChat, TikTok, YouTube, Netflix, etc.

On le sait, les plateformes numériques sont développées pour capter et retenir l’attention de manière compulsive, soit dans un contexte de diffusion en continu (Netflix par exemple ou bien un fil d’actualités sans fin), soit dans un environnement dont la vocation est de relier des individus (Instagram, LinkedIn, TikTok, SnapChat).

Ces applications exploitent le système de récompense du cerveau humain par le biais de formules et de règles appelées algorithmes.

Ainsi, le design de ces algorithmes a pour objectifs le défilement en continu, les récompenses variables (les likes et autres signaux de validation sociale), la gratification immédiate et le FOMO (Fear Of Missing Out), cette expression populaire qui signifie craindre de manquer une information ou un message important, ce qui nous pousse à vérifier notre téléphone constamment. Tous ces mécanismes favorisent la dépendance.

Un risque accru

Passons maintenant au côté neurologique. Les études démontrent que les personnes qui ont le TDAH sont plus à risque de développer une dépendance aux réseaux sociaux ou une utilisation qualifiée de problématique. Surtout les ados.

Le manque d’inhibition et la recherche de dopamine associés au TDAH sont, entre autres, des facteurs qui en font des cibles plus vulnérables aux algorithmes de gratification immédiate.

On pense aussi à l’impulsivité, qui rend difficile de résister à l’envie de cliquer. Mais aussi l’hyperfocalisation, qui explique pourquoi une personne peut se perdre pendant des heures sans voir le temps passer. Et la quête de stimulation, qui est récompensée par les couleurs vives, les images rapides, les notifications, les likes et les flux infinis.

En comparaison, les tâches quotidiennes comme ranger ses vêtements et faire son lit comportent un facteur de gratification immédiate proche de zéro…

Pour autant, peut-on conclure que les réseaux sociaux causent le TDAH ? Non. Les recherches récentes indiquent plutôt que l’utilisation des réseaux sociaux s’insère dans une boucle vicieuse où l’un renforce l’autre.

Les symptômes

Tout d’abord, il est important de reconnaître que la dépendance n’est pas une question de volonté, de choix ou d’éducation. La dépendance est liée à une modification du système de récompense du cerveau.

Selon Santé Québec, voici quelques comportements et symptômes qui signalent la perte de contrôle du temps d’écran (ou cyberdépendance) :

  • L’apparition d’un sentiment de vide, de symptômes dépressifs, d’anxiété ou d’irritabilité lorsque l’accès à l’internet est limité
  • Des modifications du sommeil, de l’hygiène et de l’alimentation, témoignant d’une perte de contrôle sur le temps passé en ligne
  • Une diminution de l’intérêt ou du temps consacré à des activités hors ligne
  • Des sentiments de culpabilité ou de honte liés à l’utilisation d’internet
  • La tendance à mentir à l’entourage concernant l’utilisation des écrans

Alors que faire ?

Dans une prochaine chronique, je vous présenterai des stratégies de gestion des écrans.

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