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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Festival CINERGIE : des films en français qui changent tout

Festival CINERGIE : des films en français qui changent tout

Du 30 avril au 3 mai, le Festival international du film francophone CINERGIE a tenu sa 21e édition au Roxy Theatre de Saskatoon. Pendant quatre jours, des spectateurs sont venus voir des films en français qu’ils ne trouvent presque jamais ailleurs.

Dans une province majoritairement anglophone, aller au cinéma en français n’est pas un geste anodin. Pour plusieurs festivaliers, c’est même une activité plutôt inédite.

« C’est rare de voir des films en français ici », résume la directrice du festival, Älva Jouband-Uusitalo.

Cette dernière souligne l’importance de valoriser la cinématographie francophone, ainsi que la langue et la culture qui l’accompagnent.

« Les voir sur grand écran leur donne encore plus de valeur », ponctue-t-elle.

Faire le déplacement

Pour Amandine Lemesle, 34 ans, le festival valait la peine de se déplacer depuis Calgary.

La cinéphile explique qu’il est ardu de trouver ce type d’événement au pays, ce qui a motivé son déplacement jusqu’à Saskatoon.

« Même sur les plateformes, c’est difficile de trouver des films en français au Canada », témoigne-t-elle.

Cette année, des films en français issus du Yukon, de l’Ontario, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et de la Saskatchewan étaient à l’honneur, avec un total de 10 moyens et longs métrages, un lancement de série et 16 courts métrages, de quoi satisfaire l’appétit des festivaliers.

« Ça permet de voir des films dans la langue dans laquelle on s’exprime et de mieux comprendre certaines références culturelles, comme l’humour ou les expressions », explique Amandine Lemesle.

Elle insiste aussi sur l’expérience collective que constitue un film en salle : « Venir au cinéma, c’est partager un moment avec d’autres francophones. Ça permet de se sentir partie d’une communauté. »

Garder la langue active

Parmi la sélection de films proposés, deux œuvres étaient originaires de la Saskatchewan : Notes d’un poète, de Simon Garez, et Tulomatka : Le chemin du retour d’Älva Jouband-Uusitalo.

Pour Julie Vermette, 53 ans, originaire du Québec et installée dans la province depuis plusieurs années, ce ne sont pas seulement les films qui comptent, mais ce qu’ils montrent.

« On voit des quartiers, des accents… Ça me rappelle les petites rues de Montréal », songe-t-elle.

À travers l’écran, c’est un autre environnement qui transparaît : une autre manière de parler, de vivre et de se reconnaître.

Arrivée à Saskatoon il y a cinq mois, Lys Roberta Sangwe voit quant à elle le cinéma comme une pratique.

« Une langue doit être entretenue pour être gardée », avance celle qui a grandi avec l’habitude de regarder des films en famille tous les week-ends.

Pour l’amatrice du 7e art, regarder des films en français n’est pas seulement un plaisir, mais bien un moyen concret de continuer à utiliser la langue en milieu minoritaire.

Dans la salle, les réactions étaient palpables, entre rires, silences ou regards complices. Au-delà des histoires portées à l’écran, il s’agissait d’entendre le français résonner dans une grande salle de cinéma au cœur des Prairies.

Le Festival international du film francophone de Saskatoon CINERGIE a célébré ses 20 ans d’existence en 2025.

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