Actualité littéraire

Mapaté Niang
/ Catégories: Société, Économie

La Saskatchewan face au défi de l’exode rural

En Saskatchewan, les zones rurales sont confrontées à des défis structurels importants, alimentant un exode continu depuis plusieurs années. Face à ce constat, des associations communautaires cherchent à rendre les régions attractives par divers moyens.

En 2025, selon les estimations de Statistique Canada, la Saskatchewan a atteint un niveau de population record avec plus de 1 260 000 habitants.

Toutefois, il subsiste une grande disparité dans la croissance démographique entre les régions urbaines et rurales.

Car ce n’est pas un fait nouveau : si la population diminue dans les villes et villages en dehors des grands centres urbains, c’est à cause du départ des jeunes et de l’absence de services.

Alors, pour inverser la tendance, le Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan (CÉCS) a lancé le 28 avril dernier un salon de l’emploi où se croisent employeurs et chercheurs d’emplois en région afin de montrer tout ce que la ruralité a à offrir.

« Le forum Rural Sask 2026 crée des connexions sur le plan physique, stratégique et relationnel afin de favoriser les liens bien au-delà de l’activité en question », indique Coralie Mpoyo, coordonnatrice des communications et marketing au CÉCS.

Concrètement, « on ne met pas juste des gens dans une salle, mais on aligne les besoins des employeurs et municipalités avec ceux des chercheurs d’emploi dans un contexte beaucoup plus structuré », détaille l’agente.

Investir pour contenir l’exode

Le gouvernement provincial souhaite lui aussi lutter contre le dépeuplement de ses régions.

Le budget provincial 2026-2027 prévoit ainsi plus de 712 millions de soutien aux municipalités avec une hausse importante des transferts aux zones rurales. 

Au niveau local, les organismes comme le CÉCS s’inscrivent donc dans la continuité de l’action gouvernementale en faisant la promotion du développement économique en milieu rural à travers l’entrepreneuriat et la revitalisation des communautés francophones. 

« Nous relions les chercheurs d’emplois aux employeurs, municipalités et fournisseurs de service », poursuit Coralie Mpoyo.

« Sur le terrain, nous soutenons la création et la croissance d’entreprises, nous accompagnons les employeurs dans leurs recherches de main-d’œuvre et nous travaillons aussi dans le renforcement de la présence économique francophone et bilingue en Saskatchewan », précise-t-elle.

Exemple à Zenon Park, un village de moins de 200 habitants situé au nord-est de la province, où les initiatives pour renforcer le sentiment d’appartenance ne manquent pas.

Pour limiter l’exode rural, Myriam Perrault, directrice générale de l’Association fransaskoise de Zenon Park (AFZP), ne lésine pas sur les moyens afin de maintenir les jeunes dans la localité.

« Nos activités créent des liens communautaires et donnent un espace aux jeunes où ils peuvent vivre leur langue et culture », témoigne-t-elle.

Et d’ajouter : « On travaille aussi main dans la main avec l'école Notre-Dame-des-Vertus et on enrichit l'expérience des élèves en offrant un espace extrascolaire où le français existe. »

La jeune femme engagée pour sa communauté reste toutefois lucide.

« Bien sûr, on ne peut pas arrêter l'exode rural, car c'est un problème systémique de la société, mais il est sûr que nos jeunes vont devenir des ambassadeurs pour notre communauté. »

Faire preuve de créativité

Surtout, l’objectif est de pourvoir les postes vacants dans les zones rurales afin d’y maintenir les services et l'économie.

Selon la responsable des communications et du marketing du CÉCS, « il est primordial de faire connaître les autres endroits et opportunités d’emplois en dehors des grandes villes et de faire découvrir aux gens les opportunités de vie et d’intégration en milieu rural ».

Message reçu à Zenon Park où l’AFZP mise sur la valorisation de la culture et de la langue françaises pour attirer des touristes, des travailleurs et des entrepreneurs.

En 2023, Myriam Perrault et son équipe ont mis sur pied un projet de Route historique visant à faire découvrir l’histoire de leur communauté, tout en offrant des emplois aux jeunes du village. 

« Le projet a fourni un travail temporaire à plus de dix personnes provenant de divers secteurs », indique la directrice de l’AFZP.

« On a aussi profité des entreprises de la région pour garder la production locale. Grâce au projet, nous avons maintenant une tournée autoguidée pour attirer des touristes dans la région », se félicite la jeune femme qui ne compte pas baisser les bras.

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