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Mobilisation face au cancer : une solidarité bien ancrée

Mobilisation face au cancer : une solidarité bien ancrée

Le 18 avril, la communauté francophone de Saskatoon s’est réunie autour d’une soirée-bénéfice avec un objectif clair : soutenir la lutte contre le cancer. Cette soirée bénévole, comme tant d’autres, témoigne d’une mobilisation locale devenue essentielle pour vaincre le « mal du siècle ».

À l’origine de l’initiative, Francis Denis, employé du Conseil des écoles fransaskoises (CÉF) et lui-même survivant de la maladie.

En 2025, le Fransaskois avait couru les 21 kilomètres du semi-marathon de la Saskatchewan pour célébrer ses six mois de traitement post-cancer. 

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Francis Denis, employé du Conseil des écoles fransaskoises (CÉF) et survivant du cancer.

« Il y a des moments où ça va super bien, puis tu t’amuses et on dirait que tu pourrais continuer pour la vie, puis d’autres fois tu frappes des murs et tu veux abandonner », avait-il alors commenté auprès de Radio-Canada.

Une mobilisation à échelle humaine

Les communautés francophones en situation minoritaire ont historiquement dû faire preuve d’une grande capacité d’organisation pour assurer leur vitalité.

Jean-Sébastien Boudreault, directeur pour le Québec de la Société canadienne du cancer, évoque l’importance de ces dynamiques collectives.

« Quand les gens se retrouvent ensemble et réalisent qu’ils sont nombreux, leur image change. Tout à coup, ce n’est plus marginal. »

Lorsqu’une communauté se rassemble autour d’un événement, « elle change la perception qu’elle a d’elle-même », note ainsi le directeur.

À quoi servent les dons ?

Si ces événements reposent sur une forte implication locale, leur impact dépasse largement le cadre communautaire.

Pour la Société canadienne du cancer, les dons du public sont essentiels pour le financement des activités.

« Les dons permettent de financer la recherche, mais aussi d’offrir des services concrets aux personnes touchées par la maladie, comme du soutien psychologique, de l’information ou de l’aide au transport », indique l’organisme.

Chaque année, des centaines de milliers de Canadiens organisent des événements de collecte de dons.

D'après la Société canadienne du cancer, plus de 108 millions de dollars seraient ainsi injectés dans la bataille contre le cancer, dont près de 45 millions dédiés à la recherche.

Si, au Canada, la santé est assurée par l'État, ces apports de citoyens lambda offrent un complément indispensable.

« Le financement gouvernemental ne répond pas à tous les besoins, en particulier dans les domaines de la recherche et des services d'assistance », souligne Jean-Sébastien Boudreault.

À l’échelle provinciale, la Cancer Foundation of Saskatchewan souligne que chaque dollar recueilli dans la province est réinvesti directement dans les soins et la recherche sur place.

Mais l'impact est aussi social et culturel, comme le rappelle Jean-Sébastien Boudreault :
« Ce ne sont pas juste des événements. Ce sont des outils de transformation sociale. »

Une solidarité 2.0

Avec l’essor des réseaux sociaux et des technologies de l'information, les formes de participation évoluent elles aussi.

Lors de la soirée organisée par Francis Denis, certaines personnes n’ont pas pu être présentes, mais ont tout de même contribué financièrement grâce à des transferts électroniques, souvent coordonnés via les réseaux sociaux.

Cette hybridation entre présence physique et engagement à distance élargit la portée des initiatives locales. Les pratiques philanthropiques sont désormais plus accessibles et flexibles.

En définitive, les collectes de fonds citoyennes montrent que la lutte contre le cancer ne repose pas uniquement sur les institutions : l’effort collectif est peut-être celui qui viendra à bout de la maladie.

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