Actualité littéraire

Walter Chizzini, champion de la francophonie à Ponteix
Mapaté Niang

Walter Chizzini, champion de la francophonie à Ponteix

À Ponteix, petit village d’environ 600 habitants niché dans le sud-ouest de la province, Walter Chizzini agit au quotidien pour faire vivre l’identité francophone en milieu minoritaire rural. Qu’il s’agisse de lecture, d’accueil des familles ou d’outils numériques, le fier Fransaskois ne lésine pas à la tâche.

Walter Chizzini est un visage très connu à Ponteix. Médiateur culturel et agent de développement communautaire aux Auvergnois de Ponteix, il promeut depuis plusieurs années l’usage du français dans son village.

« Ma vision, c'est que la francophonie de Ponteix n'est pas une francophonie sur la défensive. Je ne pars pas du principe qu'on protège quelque chose qui est en train de mourir. Je pars du principe que vivre en français dans un petit lieu, au milieu des Prairies, c'est une position épistémologique, pas une marginalité », souligne-t-il avec conviction.

D’origine milanaise, le Fransaskois d’adoption a vécu en France avant de s’établir à Ponteix. Ses goûts musicaux et son amour pour l’interprétation vocale le bercent naturellement dans le monde de la langue, de la culture et des livres.

« J’aime profondément les livres, j’aime la langue française dans toutes ses formes. Et je crois que vivre en français dans les Prairies est une chose précieuse qui mérite qu’on la nourrisse, qu’on la défende, et qu’on lui trouve de bonnes lectures », affirme l’actuel directeur du Centre culturel Royer.

Une bibliothèque sur mesure

Soucieux de préserver l’usage de la langue française dans les familles et surtout chez les plus jeunes, Walter Chizzini a lancé dernièrement la Bibliothèque sur mesure, un service de recommandation personnalisée de livres en français.

« Je travaille avec un catalogue raisonné de plus de cent vingt titres, organisés par groupe d'âge, et j'aide les parents à trouver les livres qui correspondent à leurs enfants : leur âge, leurs intérêts, leur niveau de langue. »

Malgré la présence d’une bibliothèque à Ponteix, les livres en français ne sont pas très accessibles aux lecteurs francophones.

« Dans une communauté francophone minoritaire éloignée des grands centres, le livre en français n'arrive pas naturellement dans les maisons. Il faut aller le chercher, il faut savoir où regarder. La Bibliothèque sur mesure fait ce travail de médiation », dit-il.

Le défi de l’engagement

Au Centre communautaire Royer, Walter Chizzini est le visage de l’engagement communautaire.

En plus d’assurer la vitalité de la francophonie locale et de promouvoir son développement, il travaille à l’intégration des nouveaux arrivants.

« En ce moment, je coordonne le programme Chez nous en Saskatchewan qui aide les familles nouvellement arrivées à s'intégrer, notamment celles reliées à l'école Boréale », précise-t-il.

Cette démarche est selon lui la clé de la survie de la francophonie en contexte minoritaire. 

« Tout ce que je fais, que ce soit l'accompagnement des nouveaux arrivants, la programmation culturelle, les demandes de financement ou la production de contenu numérique, c'est la même chose vue sous des angles différents », justifie-t-il.

Avec l’aide de ses concitoyens, il souhaite également bâtir le projet Mémoire vivante, qui vise à documenter le patrimoine oral de la région avant qu'il ne se perde.

Pour une francophonie rayonnante

« Ce qui me donne de l'espoir, c'est que les outils changent, mais la conviction reste la même. Aujourd'hui, on peut rejoindre des familles à travers des contenus numériques, des balados, des publications en ligne, des ressources éducatives accessibles à distance », témoigne-t-il.

Avec des initiatives comme le prêt de vidéos et de livres en français, des services aux résidents de Ponteix, ou encore les regroupements amicaux, la communauté fransaskoise perpétue les valeurs de vivre-ensemble.

À en croire Walter Chizzini, « une francophonie rayonnante à Ponteix, c'est une communauté qui n'a pas peur de se laisser interroger par les nouvelles réalités : les jeunes, les immigrants, le numérique ».

« Et qui garde, au centre de tout ça, la conviction que la langue française est une manière d'être au monde, pas seulement un outil de communication. » Le message est passé.

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