Un nouveau lieu de vie pour les Sœurs de Notre-Dame d’Auvergne
Pour la première fois depuis 1916, les Sœurs de Notre-Dame d’Auvergne se préparent à quitter leur couvent à Ponteix. La congrégation, implantée dans le paysage local depuis plus d’un siècle, fait construire une extension au Foyer Saint-Joseph où les religieuses pourront bénéficier de soins adaptés à leur âge.
Avec la construction de leur nouveau domicile amorcée à l’automne dernier, les Sœurs de Notre-Dame d’Auvergne prévoient de déménager vers la fin de l’été ou au début de l’automne.
« Nous sommes très satisfaites du progrès », commente Rose-Alma Dumont, supérieure régionale de la congrégation.
Les Sœurs de Notre-Dame d’Auvergne se sont installées à Ponteix en 1913, y bâtissant un couvent trois ans plus tard.
Pendant plus de cent ans, les religieuses ont habité dans le bâtiment, mais la situation actuelle ne leur permet plus d’y rester.
En effet, aujourd’hui, seulement quatre sœurs occupent le couvent, avec un âge moyen frôlant les 90 ans.
De plus, l’ampleur de l’édifice qui s’étend sur quatre niveaux et les exigences liées à son entretien pèsent sur leurs épaules.
Une idée de longue date
L’idée d’un déménagement émerge dès 2012. Pour planifier leur avenir, les sœurs avaient alors formé un comité de laïcs pour les guider, constitué de membres de la communauté locale.
Originaire de Ponteix, Bert Legault est l’un de ces membres. Il se souvient des premiers plans envisagés.
« On parlait de leur construire une maison devant le couvent où elles pourraient toutes vivre ensemble », relate-t-il.
Mais cette idée ne répondait pas aux besoins de santé des religieuses vieillissantes. Il faudra attendre plus de dix ans pour considérer une autre approche.
Lors d’un séjour à Paris en 2024 avec sa femme, Bert Legault fait la rencontre de Canadiens de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick qui lui expliquent comment ils prennent soin de leurs sœurs âgées dans les Maritimes.
Lorsque l’agent immobilier revient de France, il lance l’idée aux sœurs : « Pourquoi ne pas agrandir le Foyer Saint-Joseph ? »
Un déménagement et un ajout
Le Foyer Saint-Joseph, un centre de soins de longue durée fondé en 1959 par les Sœurs de Notre-Dame d’Auvergne, héberge trente résidents.
En 2001, le centre a été transféré à la Saskatchewan Catholic Health Corporation, aussi connue sous le nom de Emmanuel Health, entité à qui appartient l’extension bâtie.
« L’extension est à nous jusqu’à ce que la dernière sœur meure. Après ça, ça reviendra au foyer », indique sœur Rose-Alma Dumont.
L’agrandissement coûte environ trois millions de dollars, divisés entre la congrégation et Emmanuel Health selon une répartition de 83 % pour les Sœurs et de 17 % pour l’entreprise.
Cette section comprendra dix lits, une chapelle, un salon, une salle à manger, des bureaux et des chambres pour les visiteurs.
Une empreinte communautaire
Depuis plus de cent ans, les Sœurs de Notre-Dame d’Auvergne œuvrent dans l’éducation et les soins de santé.
Dans les années 1980, la congrégation comptait une trentaine de sœurs à travers le pays, dont certaines enseignaient dans les communautés fransaskoises comme Zenon Park ou Ferland.
Pour souligner cet apport, le Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan (CÉCS) explore l’idée d’une plaque qui reconnaîtrait leur contribution.
Bien que les résidents de Ponteix connaissent l’histoire des Sœurs, la plaque aiderait les nouveaux arrivants ainsi que les générations futures à comprendre leur importance, explique Robert Carignan, président du CÉCS.
Pour le porte-parole de l’organisme, l’expansion du centre de soin de Ponteix, qui passera de 32 à 42 lits, constitue un véritable atout économique pour la ville.
Les Sœurs de Notre-Dame d'Auvergne avaient même reçu le prestigieux castor de Bronze des mains du CÉCS lors du 9e Gala Bravo Bénévoles en octobre dernier.
Un couvent à vendre
Le nouveau foyer devrait assurer une bonne qualité de vie aux sœurs, leur préservant une certaine liberté et leur permettant de continuer à vivre ensemble.
Le personnel du Foyer Saint-Joseph s’occupera des repas, de la buanderie ainsi que du ménage, de quoi soulager la supérieure régionale Rose-Alma Dumont.
« Ça enlève beaucoup de stress », confie-t-elle, responsable à 90 ans de veiller en tout temps aux urgences médicales.
Même si l’extension se trouve à deux pas du nouveau lieu de vie, quitter le couvent reste une transition difficile : « Après 50 ans, il y a un certain attachement », exprime celle qui vit là depuis 1979.
Les quatre sœurs vivant encore au couvent rejoindront deux autres membres qui habitent déjà au Foyer Saint-Joseph. Deux autres sœurs, à Moose Jaw et à Saskatoon, pourraient les rejoindre plus tard.
Le couvent devrait être mis en vente au cours du printemps.