Numéro 1 - Printemps 2017

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La sève de l’âme


La sève de l’âme

Jean Faustin Ningamo (Saskatchewan)

Saint-Laurent 1, 2017 — Laura St.Pierre

Saint-Laurent 1, 2017 — Laura St.Pierre

Jet d'encre permanent sur Hahnemuhle photo rag, 31,5" x 73,75"

Les rivières de goût

Dorées de prairies, 
Où le vent chante,
Des herbes aromatisées, un plat
Aux épices variées.

Mon âme vagabonde dans le bon vin,
Vieilli en fût de chêne.
Un gâteau à couches
Rend hommage au champ, aux cieux et aux amis.

Les saveurs s’entrelacent dans la danse,
Chaque assiette ; un écho de terre,
Terre d’abondance, des festins éternels,
Des rires et des cœurs.

Chaque banquet raconte un voyage secret,
De nos histoires tissées
Autour du feu de camp du partage.

Sous le ciel étoilé d’inspiration,
Qui nous offre une cascade de talents,
Formant des orages de créativité ;
Un cadeau de la terre.

Artisan des saveurs

Ô langue, notre chef d’orchestre des saveurs !
Ô langue, toi qui nous offre le passeport
Du plaisir aux délices culinaire.

Ô régisseur des repas,
Avec ton pinceau des goûts,
Tu décores nos palais.

Voyageur des saveurs,
Messager des plats,
Toi qui transmets l’expérience des mets au cerveau,
Toi qui sculptes les sons,
Créant le pont entre le goût, l’odorat, les arômes,
Le corps et l’esprit.

Ô gardien des secrets intimes,
Tu filtres nos sensations.
Mais dans le souffle du vent,
Le poison souvent s’invite.

Tu es le tambour de notre expression,
Le complice des rires, des plaisanteries,
De bénédiction, de malédiction.

Poison inoculé de la discorde,
Serpent des mensonges enroulés,
Catalyseur du feu des querelles.

Ô majesté sucmeure,
Car après tant d’épreuves,
Tu sucames notre force intérieure,
Et tu nous as permis d’avancer.
Ô petit feu, fleuris nos cœurs.

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Printemps 2017

Un jour de grand vent (extrait) Un jour de grand vent (extrait)

Mardi le 10 mai ’66. De bonne heure le matin, au Restaurant Lafontaine à Métabetchouan au Lac-Saint-Jean. L’accent du Lac est présent à différents degrés chez les personnages. Il affecte en particulier Monsieur Pit, un sympathique septuagénaire à la retraite. Jeannot Lafontaine, douze ans, est debout derrière le comptoir. Il porte son uniforme d’écolier  sous un tablier. Monsieur Pit est assis à son...

La Voie lactée La Voie lactée

Il était une fois,
au fin fond du Far West canadien,
dans une province au nom imprononçable,
une cavalière redoutable.

Le grand barrage

À défaut d'être aimé, Henri était respecté de tous les castors. Sa supériorité ne laissait aucun doute. On n'avait qu'à regarder son barrage pour comprendre qu'il était plus doué que les autres.

Knockout

L’aiguille de glace qui arracha Victor Florkowski à la vie ressemblait à un ivoire de mammouth. Elle était aussi large qu’un pneu, aussi longue que la victime, et se rétrécissait en une pointe cristalline —  à double tranchant — dont la beauté fatale resplendissait sous clair de lune.

Cantate pour légumes (Extrait)

Au cœur de ce texte sont quatre êtres qui ont perdu leur voix, la capacité d’exprimer leur volonté et leur angoisse. Ancrés dans leurs fauteuils roulants, Asperge, Gourde, Navet et Asperge rêvent d’évasion. Dans les solos de la cantate, les légumes expriment leurs désires les plus profonds.

Triptyque - Micro nouvelles Triptyque - Micro nouvelles

Au coin de l’avenue Idylwyld et la 23e un bip discontinu se fait entendre à ma gauche. Un clignotement sonore: on peut traverser.  Entre les deux lignes on peut traverser. “Passez, monsieur. Priorité aux piétons.” Oui, on peut traverser. On peut traverser si les autos s’arrêtent.

Entreciel

Sorties de l’entretoit des corniches des greniers de mille espaces connus d’elles seules oubliés par concierges et architectes, les hirondelles occupent dès le matin l’entreciel, la part élevée de Madrid, en rase-tête des habitants des terrasses jusqu’à la proximité des saints perchoirs, des croix des antennes, faisant fi de nos communications avec l’au-delà.

La mousse La mousse

Maman, pourquoi c’est mouillé ici? 

C’est la mousse, mon chéri. Fais attention à ne pas glisser.

De la supercherie De la supercherie

Cette réflexion est née d’un constat. La vie ne nous appartient pas. Elle nous a été léguée et nous la rendrons en même temps que notre dernier souffle.

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