Numéro 1 - Printemps 2017

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Plaines aquarelles

Plaines aquarelles

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Une ligne fine traverse le jour blanc

une haie au bout du champ?

une colline dans le lointain?

un filet de fumée dans l’air figé?

J’aime quand l’horizon joue à cache-cache

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La plaine au couchant

Double deuil :

celui des vallées de montagnes qui m’ont vu grandir

et la certitude que même si je le désirais, je ne pourrais plus y vivre

habitué que je suis à ce que rien ne s’oppose à mon regard.

 

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Il fut un temps où la simple vue d’une rivière de plaine me plongeait

dans une accablante léthargie

Mais à mesure que mon propre parcours empruntait d’hasardeux détours,

les méandres des cours d’eau m’apparurent comme une quête

J’y reconnais aujourd’hui la circumambulation de Carl Jung

ce passage obligé dans l’errance qui seul nous fait grandir


Texte et illustrations : David Baudemont


David Baudemont

David Baudemont

David Baudemont est né en France et réside depuis plus de vingt-huit ans à Saskatoon. Artiste visuel, écrivain et dramaturge, il a écrit de nombreuses pièces de théâtre, romans jeunesse et essais. Il illustre lui-même ses ouvrages. Lauréat des Saskatchewan Book Awards et finaliste du prix Saint-Exupéry, ses livres ont un rayonnement international. En 2015, il a publié « Lignes de Fuites », un essai sur le thème des Prairies illustré à l’encre et au fusain.

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1999

Printemps 2017

Un jour de grand vent

Mardi le 10 mai ’66. De bonne heure le matin, au Restaurant Lafontaine à Métabetchouan au Lac-Saint-Jean. L’accent du Lac est présent à différents degrés chez les personnages. Il affecte en particulier Monsieur Pit, un sympathique septuagénaire à la retraite. Jeannot Lafontaine, douze ans, est debout derrière le comptoir. Il porte son uniforme...

La Voie lactée

Il était une fois,
au fin fond du Far West canadien,
dans une province au nom imprononçable,
une cavalière redoutable.

Le grand barrage

À défaut d'être aimé, Henri était respecté de tous les castors. Sa supériorité ne laissait aucun doute. On n'avait qu'à regarder son barrage pour comprendre qu'il était plus doué que les autres.

Knockout

L’aiguille de glace qui arracha Victor Florkowski à la vie ressemblait à un ivoire de mammouth. Elle était aussi large qu’un pneu, aussi longue que la victime, et se rétrécissait en une pointe cristalline —  à double tranchant — dont la beauté fatale resplendissait sous clair de lune.

Cantate pour légumes

Au cœur de ce texte sont quatre êtres qui ont perdu leur voix, la capacité d’exprimer leur volonté et leur angoisse. Ancrés dans leurs fauteuils roulants, Asperge, Gourde, Navet et Asperge rêvent d’évasion. Dans les solos de la cantate, les légumes expriment leurs désires les plus profonds.

Triptyque - Micro nouvelles

Au coin de l’avenue Idylwyld et la 23e un bip discontinu se fait entendre à ma gauche. Un clignotement sonore: on peut traverser.  Entre les deux lignes on peut traverser. “Passez, monsieur. Priorité aux piétons.” Oui, on peut traverser. On peut traverser si les autos s’arrêtent.

Entreciel

Sorties de l’entretoit des corniches des greniers de mille espaces connus d’elles seules oubliés par concierges et architectes, les hirondelles occupent dès le matin l’entreciel, la part élevée de Madrid, en rase-tête des habitants des terrasses jusqu’à la proximité des saints perchoirs, des croix des antennes, faisant fi de nos communications avec l’au-delà.

La mousse

Maman, pourquoi c’est mouillé ici? 

C’est la mousse, mon chéri. Fais attention à ne pas glisser.

De la supercherie De la supercherie

Cette réflexion est née d’un constat. La vie ne nous appartient pas. Elle nous a été léguée et nous la rendrons en même temps que notre dernier souffle.

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