Numéro 1 - Printemps 2017

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Soif d’espace

Soif d’espace

Photo : Louise Dandeneau

Photo : Louise Dandeneau

J’ai soif de tes espaces

De tes distances qui nous séparent

De tes beautés qui m’accaparent

J’ai besoin de place

 

Perdu dans ta nature

J’honore tes créatures

J’ai soif de tes grands espaces

J’explore tes paysages de glace

 

J’ai navigué tes océans

Allant jusqu’au néant

 

À travers tes paysages béants

 

Perdu dans ta nature,

Je découvre les chemins familiers de ta chevelure

J’ai soif de tes grands espaces

Je m’y sens à ma place

 

Tes tableaux grandeur nature

Je les trace à toute allure

J’admire ton audace

À vol de rapace

 

J’ai sillonné les routes de ton imaginaire

Et labouré ta croûte terrestre

J’ai cultivé tes territoires

Et parcouru tes provinces

 

À la recherche d’un grand-duc, d’un aqueduc

D’un saumon, d’un mouflon

D’un bison, ton fleuron

D’une mésange dans tes cieux orange

D’un cheval de l’île de Sable

D’un harfang aux abords d’un étang

D’un cerf de Virginie dans tes prairies

D’un macareux à l’envol laborieux

D’un gracieux geai bleu

D’un huard à la robe noire

D’un cortège de perdrix des neiges

D’un faucon perché sur son balcon

D’une criée de grands corbeaux

 

J’ai soif de tes espaces

De tes distances qui nous séparent

De tes beautés qui m’accaparent

J’ai besoin de place

 

Je suis arrivé aux pieds de tes montagnes

Je cours tes campagnes

À la recherche de ma liberté

Je profite des générosités que la nature t’a données

Des enjambées de géant

 

J’ai soif de tes espaces

De tes distances qui nous séparent

De tes beautés qui m’accaparent

J’ai besoin de place


Estelle Bonetto

Estelle Bonetto

Estelle Bonetto est rédactrice, traductrice et mère de trois magnifiques petits Fransaskois. Adepte de photographie et d'écriture, Estelle réside en Saskatchewan depuis bientôt deux décennies. Cette province aux ciels immenses et aux contrastes étonnants lui a toujours fourni un terreau fertile à son imagination et à sa créativité. L'écriture fait partie intégrante de sa vie, que ce soit sous forme de prose, de poésie ou d'essais, et elle se plait à explorer la fluidité des mots et des mouvements.

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Printemps 2017

Un jour de grand vent

Mardi le 10 mai ’66. De bonne heure le matin, au Restaurant Lafontaine à Métabetchouan au Lac-Saint-Jean. L’accent du Lac est présent à différents degrés chez les personnages. Il affecte en particulier Monsieur Pit, un sympathique septuagénaire à la retraite. Jeannot Lafontaine, douze ans, est debout derrière le comptoir. Il porte son uniforme...

La Voie lactée

Il était une fois,
au fin fond du Far West canadien,
dans une province au nom imprononçable,
une cavalière redoutable.

Le grand barrage

À défaut d'être aimé, Henri était respecté de tous les castors. Sa supériorité ne laissait aucun doute. On n'avait qu'à regarder son barrage pour comprendre qu'il était plus doué que les autres.

Knockout

L’aiguille de glace qui arracha Victor Florkowski à la vie ressemblait à un ivoire de mammouth. Elle était aussi large qu’un pneu, aussi longue que la victime, et se rétrécissait en une pointe cristalline —  à double tranchant — dont la beauté fatale resplendissait sous clair de lune.

Cantate pour légumes

Au cœur de ce texte sont quatre êtres qui ont perdu leur voix, la capacité d’exprimer leur volonté et leur angoisse. Ancrés dans leurs fauteuils roulants, Asperge, Gourde, Navet et Asperge rêvent d’évasion. Dans les solos de la cantate, les légumes expriment leurs désires les plus profonds.

Triptyque - Micro nouvelles

Au coin de l’avenue Idylwyld et la 23e un bip discontinu se fait entendre à ma gauche. Un clignotement sonore: on peut traverser.  Entre les deux lignes on peut traverser. “Passez, monsieur. Priorité aux piétons.” Oui, on peut traverser. On peut traverser si les autos s’arrêtent.

Entreciel

Sorties de l’entretoit des corniches des greniers de mille espaces connus d’elles seules oubliés par concierges et architectes, les hirondelles occupent dès le matin l’entreciel, la part élevée de Madrid, en rase-tête des habitants des terrasses jusqu’à la proximité des saints perchoirs, des croix des antennes, faisant fi de nos communications avec l’au-delà.

La mousse

Maman, pourquoi c’est mouillé ici? 

C’est la mousse, mon chéri. Fais attention à ne pas glisser.

De la supercherie De la supercherie

Cette réflexion est née d’un constat. La vie ne nous appartient pas. Elle nous a été léguée et nous la rendrons en même temps que notre dernier souffle.

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