Numéro 1 - Printemps 2017

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Cali, dans l’obscurité

Cali, dans l’obscurité

Poème

Cali
avant même que tu ne
perces ton cocon
tu auras entendu
le chant des baleines
résonner contre les
criques et les pics rocheux
de Big Sur,
et le mnash grand bash
des vagues de Kerouac

tes petits poumons
auront inspiré
l’odeur des tacos
au poisson-chat,
le parfum des orangers
et des eucalyptus,
le sel de mer
mêlé aux effluves
de barbe à papa
sur la jetée de Santa Monica

à San Francisco
tu auras flotté
vers le haut
lorsque le tram
fonçait vers le bas
et auras été chatouillé,
peut-être,
par les
vilaines
punaises
qui mouchetaient
ce triste motel de
Los Alamos

avant que tu ne
sortes de ta caverne,
l’aube rosée
de Santa Barbara
se sera glissée entre les fissures,
tu auras entendu
les pieds de ta mère
traîner dans le sable,
le zèbre hennir
parmi les chevaux,
le roucoulement de l’espagnol,
les théories fumeuses
de cet historien de jeans,
pour qui la couture arquée
sur les fesses de Levi’s
ne pouvait être qu’un clin d’œil
au Golden Gate,
et le vrombrissement
de ce colibri
voltigeant
autour de la sphère,
hippocampe curieux
barbotant
autour
d’un hublot de
sous-marin,
comme pour
mieux épier
les mystères
de la mitose

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Printemps 2017

Un jour de grand vent

Mardi le 10 mai ’66. De bonne heure le matin, au Restaurant Lafontaine à Métabetchouan au Lac-Saint-Jean. L’accent du Lac est présent à différents degrés chez les personnages. Il affecte en particulier Monsieur Pit, un sympathique septuagénaire à la retraite. Jeannot Lafontaine, douze ans, est debout derrière le comptoir. Il porte son uniforme...

La Voie lactée

Il était une fois,
au fin fond du Far West canadien,
dans une province au nom imprononçable,
une cavalière redoutable.

Le grand barrage

À défaut d'être aimé, Henri était respecté de tous les castors. Sa supériorité ne laissait aucun doute. On n'avait qu'à regarder son barrage pour comprendre qu'il était plus doué que les autres.

Knockout

L’aiguille de glace qui arracha Victor Florkowski à la vie ressemblait à un ivoire de mammouth. Elle était aussi large qu’un pneu, aussi longue que la victime, et se rétrécissait en une pointe cristalline —  à double tranchant — dont la beauté fatale resplendissait sous clair de lune.

Cantate pour légumes

Au cœur de ce texte sont quatre êtres qui ont perdu leur voix, la capacité d’exprimer leur volonté et leur angoisse. Ancrés dans leurs fauteuils roulants, Asperge, Gourde, Navet et Asperge rêvent d’évasion. Dans les solos de la cantate, les légumes expriment leurs désires les plus profonds.

Triptyque - Micro nouvelles

Au coin de l’avenue Idylwyld et la 23e un bip discontinu se fait entendre à ma gauche. Un clignotement sonore: on peut traverser.  Entre les deux lignes on peut traverser. “Passez, monsieur. Priorité aux piétons.” Oui, on peut traverser. On peut traverser si les autos s’arrêtent.

Entreciel

Sorties de l’entretoit des corniches des greniers de mille espaces connus d’elles seules oubliés par concierges et architectes, les hirondelles occupent dès le matin l’entreciel, la part élevée de Madrid, en rase-tête des habitants des terrasses jusqu’à la proximité des saints perchoirs, des croix des antennes, faisant fi de nos communications avec l’au-delà.

La mousse

Maman, pourquoi c’est mouillé ici? 

C’est la mousse, mon chéri. Fais attention à ne pas glisser.

De la supercherie De la supercherie

Cette réflexion est née d’un constat. La vie ne nous appartient pas. Elle nous a été léguée et nous la rendrons en même temps que notre dernier souffle.

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