Numéro 1 - Printemps 2017

***

Paavo, au zoo


Paavo, au zoo

Paul Ruban

tu n’aimes pas :

 

les globes globuleux

du gourami géant,

boudeux comme

gainsbourg,

pressés

contre

la vitre

de l’aquarium.

 

le mouton

qui bêle

baaaaa

sans manières

 

la rainette

sans paupières,

une montgolfière

au fond de la gorge

 

le macaque noir

au sourire blanc

 

la loutre

qui culbute

le nez pincé

 

et le bouledogue

qui bave

à même ta bavette.

 

mais t’aimes :

 

singer

les pingouins

titubants

 

te glisser

entre les

bosses de la chamelle

 

sur sa boîte,

la chèvre

cabotine

à la voix

de monoc’serge

 

l’orang-outan

qui,

voilé

sous sa

bâche burka,

évite

les feux de la rampe

 

le bébé rhinocéros

à la peau fripée

comme une mamie

 

le toucan

au bec

en portemanteaux

 

et la mouche

qui,

comme

un éternuement,

te chatouille

les narines

 

la feuille

vert lime

fondue

dans un caméléon

 

et le raton laveur,

qui enfile

son masque

pour mieux

te zieuter

à travers

la fenêtre

de la mansarde,

quand tu roupilles.

Prochain article Un petit bar de village
Imprimer
4939

Printemps 2017

Un jour de grand vent (extrait) Un jour de grand vent (extrait)

Mardi le 10 mai ’66. De bonne heure le matin, au Restaurant Lafontaine à Métabetchouan au Lac-Saint-Jean. L’accent du Lac est présent à différents degrés chez les personnages. Il affecte en particulier Monsieur Pit, un sympathique septuagénaire à la retraite. Jeannot Lafontaine, douze ans, est debout derrière le comptoir. Il porte son uniforme d’écolier  sous un tablier. Monsieur Pit est assis à son...

La Voie lactée La Voie lactée

Il était une fois,
au fin fond du Far West canadien,
dans une province au nom imprononçable,
une cavalière redoutable.

Le grand barrage

À défaut d'être aimé, Henri était respecté de tous les castors. Sa supériorité ne laissait aucun doute. On n'avait qu'à regarder son barrage pour comprendre qu'il était plus doué que les autres.

Knockout

L’aiguille de glace qui arracha Victor Florkowski à la vie ressemblait à un ivoire de mammouth. Elle était aussi large qu’un pneu, aussi longue que la victime, et se rétrécissait en une pointe cristalline —  à double tranchant — dont la beauté fatale resplendissait sous clair de lune.

Cantate pour légumes (Extrait)

Au cœur de ce texte sont quatre êtres qui ont perdu leur voix, la capacité d’exprimer leur volonté et leur angoisse. Ancrés dans leurs fauteuils roulants, Asperge, Gourde, Navet et Asperge rêvent d’évasion. Dans les solos de la cantate, les légumes expriment leurs désires les plus profonds.

Triptyque - Micro nouvelles Triptyque - Micro nouvelles

Au coin de l’avenue Idylwyld et la 23e un bip discontinu se fait entendre à ma gauche. Un clignotement sonore: on peut traverser.  Entre les deux lignes on peut traverser. “Passez, monsieur. Priorité aux piétons.” Oui, on peut traverser. On peut traverser si les autos s’arrêtent.

Entreciel

Sorties de l’entretoit des corniches des greniers de mille espaces connus d’elles seules oubliés par concierges et architectes, les hirondelles occupent dès le matin l’entreciel, la part élevée de Madrid, en rase-tête des habitants des terrasses jusqu’à la proximité des saints perchoirs, des croix des antennes, faisant fi de nos communications avec l’au-delà.

La mousse La mousse

Maman, pourquoi c’est mouillé ici? 

C’est la mousse, mon chéri. Fais attention à ne pas glisser.

De la supercherie De la supercherie

Cette réflexion est née d’un constat. La vie ne nous appartient pas. Elle nous a été léguée et nous la rendrons en même temps que notre dernier souffle.

No content

A problem occurred while loading content.

Previous Next

Merci à nos partenaires et commanditaires:

Coopérative des publications fransaskoises    Conseil culturel fransaskois   Saskculture Fondation fransaskoise