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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Yvan Lebel, une vie à cultiver ses passions
Mapaté Niang

Yvan Lebel, une vie à cultiver ses passions

À 73 ans, Yvan Lebel regarde le monde avec les yeux d’un photographe, d’un jardinier, d’un musicien et d’un père de famille. Rencontre avec un homme plusieurs fois passionné.

Natif de l’Abitibi-Témiscamingue dans le nord du Québec, Yvan Lebel a grandi dans une fratrie de neuf enfants.

La passion pour la photographie l’accompagne depuis son plus jeune âge. Il la tient de son grand frère René, qui lui a offert un appareil photo pour ses 10 ans.

« Avec ma petite caméra, j’ai commencé à prendre des photos des membres de ma famille, de mon environnement. Et à cet instant précis je suis tombé amoureux de cet appareil et je n’ai jamais quitté le monde de la photographie », explique-t-il, tout sourire.

Au fil des années, son appareil photo l’a suivi dans de nombreux voyages, au Pérou, en Argentine, ou encore au Mexique.

Ces expériences lui ont permis de découvrir différents paysages, cultures et réalités. Pour lui, la photographie ne consiste pas seulement à prendre une image : elle permet de conserver une trace d’un moment, d’un lieu ou d’une rencontre.

« Après mes études en informatique, je n’ai pas opté pour une carrière en entreprise. J’ai plutôt fait le choix de voyager et de prendre des photos. C’est d’ailleurs ce qui m’a amené dans l’Ouest canadien en 1978, et je ne suis jamais reparti », précise le septuagénaire.

Derrière l’objectif

Le parcours d’Yvan Lebel est également marqué par un fort engagement dans la communauté fransaskoise.

Ancien président du Conseil scolaire fransaskois (CSF) dans les années 2010, Yvan Lebel a consacré une partie de sa vie à la défense et au développement de la francophonie en Saskatchewan.

« J’ai vécu entre 36 et 40 ans à Île-à-la-crosse, un village situé au nord de la Saskatchewan, pour faire du développement communautaire. C’est d’ailleurs là où j’ai fait la rencontre de mon épouse », dit-il.

Entre engagement communautaire et passion artistique, son parcours témoigne d’une grande curiosité pour le monde qui l’entoure.

« Mon implication dans la communauté francophone de Saskatoon au début des années 1990 s’est faite naturellement. Dans un premier temps, j’étais agent de liaison pour les écoles francophones. À cette époque-là, il n’y avait qu’une soixantaine d’élèves au primaire et au secondaire, et c’était sous l’égide de la commission scolaire catholique. Ce fut mon premier contact avec la communauté francophone », se souvient-il.

Le jardin, autre terrain de découverte

Lorsqu’il n’est pas derrière son appareil photo, Yvan Lebel aime consacrer du temps à son jardin.

Dans sa maison à Saskatoon, l’entretien quotidien des plantes est devenu une véritable passion. À travers sa fenêtre, on peut admirer la beauté du jardin où poussent fruits et légumes.   

« Le jardinage est une passion. Quand on prend soin de la nature et de son environnement, on est gratifié de ses bonnes choses, c’est-à-dire ce qu’on trouve dans nos assiettes » explique-t-il.

Arroser, planter, tailler, observer la croissance des végétaux : ces gestes simples occupent une place importante dans le quotidien d’Yvan Lebel.

« Le jardinage ne dure pas assez longtemps. C’est entre trois et quatre mois, mais c’est un réel plaisir, après s’être investi pleinement pendant cette courte durée, d’avoir des fruits et légumes pour au moins une longue période. C’est vraiment magnifique », dit-il, sourire aux lèvres.

Son jardin représente aussi un espace de calme et de patience. À l’image de la photographie, le jardinage demande de prendre le temps d’observer.

De la même façon qu’une plante ne pousse pas en une journée, une belle photo nécessite parfois d’attendre le bon moment.

« J’ai découvert le monde des fleurs avec ma femme qui est horticultrice, je suis maintenant passionné de potager et de fleurs, je trouve que c’est un bon mariage et j’ai beaucoup appris auprès d’elle », dit-il.

Tout en musique

La photographie et le jardinage ne sont pas les seules passions qui accompagnent Yvan Lebel.

La musique constitue aussi pour lui une source de plaisir et d’émotions, et un moyen de se souvenir et de partager des moments avec ceux qui lui sont chers.

« Photographie, jardinage et musique semblent être trois univers différents, mais ils se rejoignent dans une même manière de vivre », affirme-t-il.

À ses heures perdues, il joue de la guitare dans son petit studio, entouré des photos prises lors de ses différents voyages.

« La musique est pour moi une autre façon de m’évader, et d’apprendre des autres. J’ai quelques étudiants qui viennent chez moi apprendre la guitare et le piano et ce sont des moments où l’on pousse sa réflexion. J’enseigne la musique, mais j’apprends aussi de mes élèves. ».

Le cœur de sa vie

Avec sa femme Sharon et ses deux fils Olivier et Julien, Yvan Lebel accorde une grande importance aux moments passés en famille.

« La famille constitue un point d’ancrage dans mon quotidien. Je ne suis pas avec mes enfants. Olivier est physiothérapeute et vit à Montréal tandis que Julien travaille dans la mécanique en Colombie-Britannique. Malgré la distance et leurs occupations, on trouve le temps de nous voir au moins deux fois dans l’année », dit-il.

Les discussions, les souvenirs partagés et les moments simples prennent une valeur particulière avec les années.

Aux côtés du couple se trouve également Nelly, leur chienne, un membre à part entière de la famille.

Entre ses voyages, ses photographies, son jardin, la musique et les moments passés auprès des siens, Yvan Lebel a construit une vie riche en expériences. À plus de 70 ans, il continue ainsi à cultiver ses passions.

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