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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

Un tout premier atlas des oiseaux nicheurs pour la Saskatchewan

En novembre dernier, un jalon important pour la conservation des oiseaux en Saskatchewan a été atteint avec la publication du tout premier atlas des oiseaux nicheurs de la province, recensant quelque 271 espèces.

Géré par l’organisation nationale à but non lucratif Oiseaux Canada, l’Atlas des oiseaux nicheurs de la Saskatchewan est le résultat de l’une des plus grandes initiatives bénévoles de l’histoire de la province.

Pour LeeAnn Latremouille, qui coordonne le projet depuis 2016, cette première publication est tout un aboutissement.

« C’est une ressource importante pour analyser la répartition, l’abondance et l’habitat des oiseaux. En plus, un atlas fournit des points de référence pour identifier et évaluer les changements au fil du temps. »

L’atlas a été constitué grâce aux données issues de cinq années d’observation d’oiseaux nicheurs.

« La nidification est une étape très importante du cycle de la vie des oiseaux. Moins de reproduction, moins d’oiseaux. On veut de la diversité parce qu’elle indique un écosystème sain. »

Un effort conjoint

L’atlas aura mobilisé plus de 330 participants qui ont consacré quelque 22 700 heures entre 2017 et 2021, soumettant environ 770 000 observations.

« Leur contribution est inestimable », ponctue LeeAnn Latremouille.

Paule et Dale Hjertaas font partie de ceux qui se sont portés volontaires pour le projet.

« On a reçu des lieux dans le sud-ouest de la province, près de la ferme familiale de Dale », explique Paule, biologiste québécoise installée en Saskatchewan depuis 1978.

« On a exploré des coins vraiment intéressants. Mais, je ne m’attendais pas à y trouver des merlebleus de l’Est, des hirondelles de rivage et des maubèches des champs. »

Le couple scientifique a aussi obtenu la permission de conduire sur les routes de la partie est du parc national des Prairies.

« On a été à plusieurs endroits où on n'avait pas pu se rendre en marchant avant. On a trouvé des colonies de bruants sauterelles et toutes sortes de choses. »

De plus, le projet a suscité la collaboration entre plusieurs organisations : Oiseaux Canada, Environnement et Changement climatique Canada, le ministère de l’Environnement de la Saskatchewan, Conservation de la nature Canada, Nature Saskatchewan et la Saskatchewan Wildlife Federation.

« Une seule agence n’aurait jamais pu réaliser seule un projet comme tel », déclare la coordinatrice du projet, reconnaissante.

Plus qu’un recensement

Au-delà du décompte des nids, le projet identifie le comportement lié à la nidification.

La province a ainsi été divisée en parcelles, offrant une sélection représentative d’une variété d’habitats. Les participants devaient décrire l’habitat et observer les oiseaux ainsi que leur comportement.

« Un oiseau qui chante, qui amasse du matériel, qui porte de la nourriture, c’est la preuve qu’il niche. On n’essaie pas techniquement de trouver les nids parce que ça pourrait nuire au succès reproductif, ou détruire l’habitat », précise la coordinatrice.

Depuis les années 1970, les chercheurs observent un déclin de 67 % de la population des oiseaux en Saskatchewan. Un déclin associé à la perte des prairies naturelles.

L’atlas, reproduit tous les vingt ans, vient ainsi documenter cette évolution. « Conservation de la nature Canada se fiera à l’atlas pour savoir quels terrains cibler pour installer des refuges naturels », explique LeeAnn Latremouille.

Selon Jordan Rustad, coordinatrice à Nature Saskatchewan, l’atlas comble des trous : « Quand on observe la migration des oiseaux, on a un aperçu de la saison nicheuse, on voit qui arrive et qui part, qui a eu du succès reproductif, mais on ne voit pas où ils vont pour se reproduire, et c’est cette information qui est essentielle. »

Hormis le monde scientifique, ce sont les autorités publiques qui auront aussi recours à l’atlas.

« Quand il y a des projets comme la construction d’une autoroute, d’un oléoduc ou d’une éolienne, un atlas est très utile. Les évaluations environnementales prennent en compte les espèces en péril et un atlas les indique », poursuit LeeAnn Latremouille.

Pour découvrir la répartition d’oiseaux dans votre arrière-cour, rendez-vous sur le site web de l’Atlas des oiseaux nicheurs de la Saskatchewan, disponible dans les deux langues officielles.

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Leanne Tremblay – IJL-L’Eau viveGhita Hanane

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