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Chronique littéraire publiée dans l'Eau vive

D’un pays à l’autre : une nouvelle vie à construire en Saskatchewan
Kasereka Mudogo
/ Catégories: Société, Immigration

D’un pays à l’autre : une nouvelle vie à construire en Saskatchewan

Pour certains, la Saskatchewan était une destination inattendue. Pour d’autres, elle était l’occasion de repartir sur de nouvelles bases, de travailler, d’étudier ou d’offrir de nouvelles perspectives à leur famille. Des parcours différents, une nouvelle vie toujours à construire.

L’histoire des immigrants ne se résume pas à un simple changement de pays. Elle est faite de découvertes, d’adaptation, de défis, mais aussi de projets et de réussites.

Pour Innocent Minega, né de parents rwandais et élevé au Congo, l’arrivée au Canada représentait avant tout la recherche d’un cadre de vie stable et sécurisant pour sa famille.

« Mon arrivée au Canada en février 2023 s’inscrivait dans le cadre d’un projet familial, car mon épouse et moi cherchions un cadre de vie stable, sécurisant et prometteur pour l’avenir de nos trois enfants », témoigne celui qui a élu domicile à Saskatoon.

La Saskatchewan n’était pourtant pas sa destination de premier choix. C’est son parcours qui l’a conduit vers la province grâce au Programme des candidats de l’immigration de la Saskatchewan (SINP).

« En réalité, c’est la Saskatchewan qui nous a choisis ! Elle m’a ouvert ses portes en reconnaissant mon parcours et mes compétences », rapporte l’ancien directeur du Réseau Santé en français (RSFS).

Innocent Minega a dû malgré tout s’adapter à un nouvel environnement. Son arrivée en plein hiver lui a notamment fait découvrir l’un des aspects les plus marquants de la vie saskatchewanaise : le froid.

Mais cette première impression a rapidement été contrebalancée par l’accueil reçu : « Malgré le grand froid de février à notre arrivée, l’accueil chaleureux de la communauté a très vite confirmé que nous avions pris la bonne décision. »

En trois ans, la famille a trouvé ses repères. « Nos enfants se sont très bien adaptés à l’école et à leur environnement », affirme le père de famille. 

Sur le plan professionnel, l’expérience acquise à l’étranger lui a permis de mettre rapidement ses compétences au service de sa nouvelle communauté.

Aujourd’hui, Innocent Minega est directeur général d’un organisme anglophone dans le secteur de l’établissement et de l’intégration des immigrants.

Vers la stabilité

Pour Gérard-Joseph Kapundu Kambale, originaire du Congo et résidant à Regina, le chemin vers la Saskatchewan a été différent, puisque ce dernier est venu au Canada pour poursuivre ses études universitaires.

Après ses études en informatique, les difficultés de trouver un emploi l’ont amené à explorer d’autres options.

C’est grâce à un programme de moniteurs qu’il a découvert la possibilité de travailler à Prince Albert, dans le nord de la province.

« Après trois mois dans les écoles d’immersion, j’ai décidé de rester, car j’ai trouvé que la vie était meilleure ici qu’à Montréal, où tout le monde est stressé », estime-t-il.

« Depuis mon arrivée en Saskatchewan, j’ai pu fonder une famille, retourner à l’école pour obtenir un certificat en informatique, trouver un travail stable et m’acheter une maison », poursuit-il.

Gérard-Joseph Kapundu Kambale explique que la qualité de vie et le sentiment de sécurité comptent également parmi les raisons de son attachement à la province.

« Il y a moins de population, ce qui signifie moins de criminalité, avance-t-il. J’ai élevé mes filles sans craindre qu’elles tombent dans les gangs ou la drogue, j’ai la paix du cœur et je n’ai pas de stress comme quand j’habitais à Montréal. »

De nouvelles attaches

Entre racines et nouvelle vie canadienne, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Pour Innocent Minega, le sentiment d’appartenance est lié aux relations humaines.

« C’est avant tout la communauté : l’esprit d’entraide des Saskatchewanais, ainsi que la chaleur humaine ressentie au sein de notre communauté francophone. Ça fait toute la différence », confie-t-il.  

Toutefois, les liens avec le pays d’origine demeurent importants : « Nous gardons un contact très régulier avec nos familles et nos proches restés sur place », affirme-t-il.

Gérard-Joseph Kapundu Kambale, lui, s’inquiète des événements en cours en République démocratique du Congo à des milliers de kilomètres de sa vie quotidienne.

« Ce qui s’y passe m’affecte beaucoup, car j’ai une grande famille dans la zone contrôlée par le M23 [un groupe armé] », raconte-t-il.

Cette inquiétude rappelle que s’installer dans un nouveau pays ne signifie pas nécessairement tourner la page sur son pays d’origine.

« Suivre l’actualité et la situation sécuritaire ou politique en RDC reste éprouvant et la distance suscite une inquiétude constante chez ceux qu’on aime », affirme Innocent Minega.

Construire l’avenir

D’après des données de Statistique Canada datant de 2021, 665 personnes nées en République démocratique du Congo ont choisi de s’établir en Saskatchewan.

Derrière les statistiques sur l’immigration, ce sont des histoires individuelles faites de choix, de hasard, de persévérance et d’adaptation.

« La Saskatchewan est devenue un véritable lieu d’ancrage familial », déclare Innocent Minega.

« La Saskatchewan est devenue l’endroit où j’ai pu construire une stabilité professionnelle et familiale », conclut à son tour Gérard-Joseph Kapundu Kambale.

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