Numéro 1 - Printemps 2017

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lien de sens

lien de sens

lien de sens

nos amitiés qui s’éloignent, celles qui s’empressent et celles qui s’endorment, celles dont la distance appelle à l’ennui celles dont le chemin se creuse

nos amitiés depuis toujours et celles qui n’ont plus rien à se dire
et celles qui croient en ces moments pour se sentir ensemble, pour se relier pour se porter

nos amitiés qui se pointent par surprise au lever du jour en route vers quelques heures à tes côtés

nos amitiés qui se regardent droit dans les yeux
en sachant très bien que tout n’est pas dit
mais en choisissant aussi très bien de laisser ça ainsi

nos amitiés qui s’admirent, celles qui en voudraient beaucoup plus qu’il n’y a à offrir dans les circonstances pourquoi est-ce que je me fis aux circonstances

nos amitiés qui apparaissent, celles qui s’enflamment, celles qui s’embrassent

nos amitiés qui s’étirent longtemps et encore plus loin que je ne l’aurais imaginé

nos amitiés qui nous devancent, nous animent et nous montrent

nos amitiés qui dérangent et celles qui soignent, en même temps


Texte : Marika Drolet-Ferguson
Illustration : Estelle Bonetto

Marika Drolet-Ferguson

Marika Drolet-Ferguson

Originaire de la Péninsule acadienne, Marika Drolet-Ferguson travaille principalement en photographie et poursuit ses recherches [www.marikadf.com] en arts visuels parallèlement à sa pratique [www.nordais.com] en architecture. Elle s’intéresse à la relation entre ce qui nous entoure et ce qui nous habite. En cultivant la sensibilité du regard, elle crée des images qui élargissent et approfondissent nos perceptions de la nature. En poésie, elle est la gagnante de l’édition 2019 du concours De la plume au micro de la revue Ancrages et elle a participé, en tant qu’autrice, à l’édition 2020 du Festival acadien de poésie de Caraquet.

Détail de l'ex Échos

Détail de l'exposition Échos

Estelle Bonetto
Photographies, miroir - 2020.

 

 

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Printemps 2017

Un jour de grand vent

Mardi le 10 mai ’66. De bonne heure le matin, au Restaurant Lafontaine à Métabetchouan au Lac-Saint-Jean. L’accent du Lac est présent à différents degrés chez les personnages. Il affecte en particulier Monsieur Pit, un sympathique septuagénaire à la retraite. Jeannot Lafontaine, douze ans, est debout derrière le comptoir. Il porte son uniforme...

La Voie lactée

Il était une fois,
au fin fond du Far West canadien,
dans une province au nom imprononçable,
une cavalière redoutable.

Le grand barrage

À défaut d'être aimé, Henri était respecté de tous les castors. Sa supériorité ne laissait aucun doute. On n'avait qu'à regarder son barrage pour comprendre qu'il était plus doué que les autres.

Knockout

L’aiguille de glace qui arracha Victor Florkowski à la vie ressemblait à un ivoire de mammouth. Elle était aussi large qu’un pneu, aussi longue que la victime, et se rétrécissait en une pointe cristalline —  à double tranchant — dont la beauté fatale resplendissait sous clair de lune.

Cantate pour légumes

Au cœur de ce texte sont quatre êtres qui ont perdu leur voix, la capacité d’exprimer leur volonté et leur angoisse. Ancrés dans leurs fauteuils roulants, Asperge, Gourde, Navet et Asperge rêvent d’évasion. Dans les solos de la cantate, les légumes expriment leurs désires les plus profonds.

Triptyque - Micro nouvelles

Au coin de l’avenue Idylwyld et la 23e un bip discontinu se fait entendre à ma gauche. Un clignotement sonore: on peut traverser.  Entre les deux lignes on peut traverser. “Passez, monsieur. Priorité aux piétons.” Oui, on peut traverser. On peut traverser si les autos s’arrêtent.

Entreciel

Sorties de l’entretoit des corniches des greniers de mille espaces connus d’elles seules oubliés par concierges et architectes, les hirondelles occupent dès le matin l’entreciel, la part élevée de Madrid, en rase-tête des habitants des terrasses jusqu’à la proximité des saints perchoirs, des croix des antennes, faisant fi de nos communications avec l’au-delà.

La mousse

Maman, pourquoi c’est mouillé ici? 

C’est la mousse, mon chéri. Fais attention à ne pas glisser.

De la supercherie De la supercherie

Cette réflexion est née d’un constat. La vie ne nous appartient pas. Elle nous a été léguée et nous la rendrons en même temps que notre dernier souffle.

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