Cali, dans l’obscurité

Cali, dans l’obscurité

Poème

Cali
avant même que tu ne
perces ton cocon
tu auras entendu
le chant des baleines
résonner contre les
criques et les pics rocheux
de Big Sur,
et le mnash grand bash
des vagues de Kerouac

tes petits poumons
auront inspiré
l’odeur des tacos
au poisson-chat,
le parfum des orangers
et des eucalyptus,
le sel de mer
mêlé aux effluves
de barbe à papa
sur la jetée de Santa Monica

à San Francisco
tu auras flotté
vers le haut
lorsque le tram
fonçait vers le bas
et auras été chatouillé,
peut-être,
par les
vilaines
punaises
qui mouchetaient
ce triste motel de
Los Alamos

avant que tu ne
sortes de ta caverne,
l’aube rosée
de Santa Barbara
se sera glissée entre les fissures,
tu auras entendu
les pieds de ta mère
traîner dans le sable,
le zèbre hennir
parmi les chevaux,
le roucoulement de l’espagnol,
les théories fumeuses
de cet historien de jeans,
pour qui la couture arquée
sur les fesses de Levi’s
ne pouvait être qu’un clin d’œil
au Golden Gate,
et le vrombrissement
de ce colibri
voltigeant
autour de la sphère,
hippocampe curieux
barbotant
autour
d’un hublot de
sous-marin,
comme pour
mieux épier
les mystères
de la mitose

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