Le grand ménage toute saison
Le printemps, qui tire sa révérence pour faire place à la belle saison, est souvent synonyme de détoxication, ou détox pour les adeptes. Les cures se suivent et se ressemblent sans, bien souvent, livrer les résultats escomptés. Et si la détox était une perspective plutôt qu’un remède ?
À la manière des bonnes résolutions du Nouvel An qui font la joie des centres d’entraînement, la détox printanière nous fait sortir, dans le meilleur des cas, de notre tanière hivernale.
Après de longs mois encabanés, privés de lumière et de chaleur naturelles, une certaine frénésie s’empare de nous et de notre sens critique.
Les experts en tous genres le savent bien et voici que pullule sur les tablettes une abondance de pilules et de potions aux vertus purifiantes et autres cures miraculeuses.
L’industrie de la détox a la côte et vaut son pesant d’or. Des milliards de dollars sont dépensés en vue de purifier, d’éliminer, de désengorger, d’affiner, d’alléger, d’épurer, de filtrer ou encore de purger.
Détox ou infox ?
Tenant davantage du mirage que du miracle, le caractère illégitime et surtout non nécessaire de ces cures a été scientifique démontré.
À moins de souffrir d’une réelle pathologie, notre organisme est naturellement doté d’un système ultra performant d’élimination des déchets et des toxines.
Les concoctions vendues sur le marché peuvent ainsi nous donner un faux sentiment de mieux-être, voire empirer le mal-être et surtout devenir un véritable fardeau pour notre portefeuille.
La crise de foie, péché originel ?
Légitime, l’envie de se sentir mieux et de tonifier le corps et l’esprit ne datent pas d’hier.
On constate en effet que des pratiques d’épuration avaient pignon sur rue dès l’Antiquité et servaient à débarrasser le système de tout liquide dans le corps, comme le sang, la salive et la bile, trop abondant ou impur – ce qu’on appelait à l’époque les « humeurs peccantes ».
Ces humeurs, à distinguer toutefois du mauvais caractère, étaient associées à l’accumulation de substances sécrétées par l’organisme, et dont la surabondance ou la mauvaise qualité était censée être responsable des maladies.
Le mot « peccant » est emprunté du latin peccans signifiant « coupable », lui-même participe présent de peccare, soit « faire un faux pas, commettre une faute ».
Quiconque a déjà souffert d’une bonne crise de foie après quelques excès de table peut sans doute s’identifier aux humeurs dites « fautives », c’est-à-dire exécrables.
Les toniques naturels à la rescousse
Les désagréments passagers faisant partie de la vie, il existe heureusement quelques remèdes simples pour vaincre les petits maux du quotidien sans dépenser une fortune.
Ces petits gestes sont aussi bénéfiques pour soutenir la vitalité globale. En raison de leur acidité, la modération est de mise.
- Bicarbonate de soude : une petite cuillérée diluée dans un verre d’eau favorise la digestion et combat les infections fongiques de tout acabit.
- Vinaigre de cidre de pomme : une petite « shot » le matin au réveil, diluée dans un peu d’eau pour mettre la machine en marche et agit comme tonique digestif.
- Jus de citron fraîchement pressé : dilué dans de l’eau tiède le matin, il favorise l’hydratation, stimule la digestion et aide à maintenir l’équilibre acido-basique.
Une question de perception
La détox ne devrait pas être un rituel saisonnier. De fait, chaque jour, nous éliminons naturellement tout ce dont l’organisme n’a plus besoin et qui nuit à son bon fonctionnement.
La société de consommation nous incite, à grands coups de marketing, à accumuler les biens et les remèdes qui peuvent procurer, l’espace d’un instant, un sentiment d’accomplissement et d’allègement.
À mon sens, la quiétude et l’équilibre reposent davantage dans les petits gestes du quotidien et l’accumulation de bonnes habitudes, sans oublier les quelques excès qui en plus d’être jouissifs, nous rappellent à l’ordre.
Bonne détox au quotidien !