Un premier Sommet de la jeunesse pour apprendre autrement
Du 24 au 26 avril 2026 à Saskatoon, l’Association jeunesse fransaskoise (AJF) a organisé la première édition du Sommet de la jeunesse. L’événement a rassemblé des jeunes de 14 à 18 ans venus de différentes régions de la Saskatchewan autour du thème Dans les souliers de l’autre avec l’objectif de sensibiliser les participants à la diversité et à l’inclusion.
Au cours de la fin de semaine, les jeunes ont pris part à plusieurs ateliers, notamment en leadership, en sport adapté, en danse interculturelle et en art culinaire.
Le principe était simple : se mettre à la place de l’autre.
Le temps d’un atelier, les participants pouvaient endosser différents rôles, que ce soit en cuisine, en danse ou dans des activités de réflexion sur le leadership.
Dans l’atelier de leadership, animé par l’avocat Jocelyn LeBlanc, les jeunes ont abordé l’importance de l’écoute active et du dialogue.
Une question centrale a guidé les échanges : comment comprendre le point de vue de quelqu’un avec qui l’on est en désaccord ?
« L’écoute active, c’est vraiment une technique de communication, explique Jocelyn LeBlanc. Une des meilleures façons de convaincre les gens, ce n’est pas de parler, mais de les écouter pour mieux comprendre ce qu’ils nous disent. »
L’homme de loi ajoute : « Comprendre l’argument de l’autre ne veut pas dire être d’accord, mais c’est essentiel pour pouvoir échanger. »
Une expérience marquante
Dans un autre espace, des participants ont préparé un repas sous la supervision d’un chef, tandis qu’un groupe a appris la salsa aux côtés de professionnels.
L’atelier de danse a aussi contribué à la réflexion avec la formatrice Josée O’Blenis qui souligne que la danse agit « comme un langage universel, permettant de rassembler les jeunes et de les amener à réfléchir aux notions de respect, d’ouverture et de diversité ».
Pour Evia McDowell, élève en immersion qui pratique le français à la maison, l’expérience aura eu un impact concret.
« Mon français s’est vraiment amélioré en étant avec d’autres jeunes qui veulent parler français. C’est spécial d’être dans ce groupe. »
La jeune femme ajoute : « Dans la vraie vie, j’apprends des choses en français, pas seulement en classe. »
De son côté, Basmalah Ahmed, élève de 12e année au Pavillon Gustave-Dubois de l’École canadienne-française de Saskatoon, souligne l’importance des rencontres.
« J’ai participé au sommet pour rencontrer d’autres jeunes Fransaskois de mon âge, surtout parce qu’ici, il n’y a pas beaucoup d’occasions de parler français », regrette l’étudiante.
Cette dernière met également en avant les compétences développées au cours du sommet : « J’aimerais m’améliorer en cuisine et en leadership. J’aime aussi parler, et j’ai appris à travailler en groupe. C’était une expérience géniale. »
D’autres participantes, comme Clara Ross, retiennent surtout l’ambiance du sommet et la facilité de créer des liens en français en dehors du cadre scolaire.
De son côté, Saran Camara dit avoir été surprise par l’engagement des jeunes, notant que le groupe a été dynamique et participatif tout au long des activités.
« On voulait que les jeunes découvrent des réalités différentes et deviennent plus sensibles aux autres », ponctue le coordonnateur du projet, Roman Olivier.
Dans une province majoritairement anglophone, le Sommet de la jeunesse a ainsi offert aux jeunes, le temps d’une fin de semaine, un espace pour vivre le français autrement.